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La ville de Saint-Cyprien peine à effacer l’ambiance délétère de la dernière décennie. Après le suicide du maire UMP, Jacques Bouille, en mai 2009, incarcéré pour « prise illégale d’intérêt et corruption », son premier adjoint, Pierre Fontvieille était mis en examen neuf jours après son élection, dans le cadre de la même affaire, comportant l’achat de statuettes, tableaux de maître et oeuvres d’art, pour partie introuvables, sur les fonds municipaux. Puis, le maire Thierry del Poso, membre du Nouveau Centre, élu en septembre 2009 sur un programme éthique voué à apaiser la commune, était placé en garde à vue, en avril 2012. Cet ennui judiciaire était issu de la vente controversée pour 9,5 millions d’euros, en décembre 2010, du camping Le soleil de la Méditerranée. Le maire mettait en avant une « cabale nauséabonde« menée par l’opposition municipale de la 4e ville des Pyrénées-Orientales, où nous faisions état, en mars 2011, de « pressions électroniques » sur la mairie.

La tête de liste UMP de 2009 se déclare seule opposante

Le 31 juillet 2012, le Tribunal Administratif de Montpellier, saisi par le maire, a démissionné trois élus d’opposition pour refus de présider des bureaux de vote, le 17 juin, lors des élections législatives. Ces dissidents de la majorité, fondateurs du groupe critique Pugnace après l’élection de 2009, sont désormais remplacés par trois personnes de la fin de liste du maire. Mais ce remplacement suscite une prise de position révélatrice de la tête de liste UMP du premier tour de 2009, Claudette Guiraud, dont le parti, au second tour, avait soutenu son opposant, alors élu premier magistrat. Lors du conseil municipal du 23 août, cette élue a considéré que la « moralité et l’exemplarité » annoncées en 2009 étaient devenues « incompétence, irresponsabilité, clientélisme » et « intérêts personnels ». Surtout, en réponse à l’exclusion des « Pugnace », avec laquelle elle constituait une entente, elle a lancé « Je reste désormais seule dans l’opposition », induisant une inopérance du reste de l’opposition, autour de la socialiste Marie-Pierre Sadourny-Gomez. Au risque de l’isolement, Mme Guiraud, qui s’affirme attachée à une mission de « défense de l’intérêt général », précise les lignes de fracture des élections municipales de 2014, sauf coup de théâtre rassembleur à droite. Dans cette ville peu encline à la gauche, un argumentaire de « mains propres » brandi par le Front National, qui a annoncé en juin 2012 sa participation à cette future bataille, pourrait compliquer la situation.

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