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La Clau
Départementales 2015 en Pays Catalan : tourner ou pas la page Bourquin
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La liste des postulants aux 34 sièges de conseillers départementaux des Pyrénées-Orientales, 68 en incluant les suppléants, a été complétée vendredi 16 janvier. Les forces majoritaires ont aligné leurs noms, à retrouver sur notre annuaire. Encore incomplète, l’alliance entre le Parti Socialiste et le Parti Communiste (PC) comporte 10 candidats sortants, dont Jean Vila (PC), Michel Moly, Robert Garrabé et Toussainte Calabrèse (PS). La jeune génération, en souffrance à l’UMP, affleure avec Bérangère Givanovitch, secrétaire nationale chargée de l’Observatoire de l’Egalité femmes-hommes du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) et colistière de Jacques Cresta aux municipales de Perpignan. Elle concourra sur le canton n°7, qui comprend une portion Est de Perpignan et les communes de Bompas, Sainte-Marie et Villelongue-de-la-Salanque.

La gauche orpheline évite de faire le bilan

La gauche, menée par la présidente du Conseil général, Hermeline Malherbe, propose la continuité. Elle revendique la figure tutélaire de Christian Bourquin, l’ancien président faiseur de candidats et de vainqueurs depuis 1998, décédé en août dernier. Dans une loyauté parfaite envers celui qui l’a construite, la présidente Malherbe fait le choix stratégique d’éluder les contre-performances objectives du territoire, son record national de chômage confirmé l’année dernière, sa mise à l’écart par la région Languedoc-Roussillon ou sa défaillance d’entreprises. Elle n’évoque pas l’abîme entre attractivité territoriale et dynamisme, en écho au boum démographique de 16,5% depuis 1999, soit 392.803 habitants à l’époque, puis 457.093 cette année. Le candidat Jean Vila défend un bilan positif, en confondant visiblement le périmètre de compétences du Conseil général et son périmètre géographique.

Le pack UMP-UDI-CDC est désigné

L’offre présentée par l’UMP, associée à l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI) et Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) a Jean Castex pour leader. Le maire de Prades, homme de Nicolas Sarkozy, aligne déjà tous les candidats dans une coalition nouvelle, ou apparaissent les ex-députés national et européen Daniel Mach et Marie-Thérèse Sanchez-Schmid, ou encore le maire de Saint-Cyprien, Thierry del Poso et celui de Port-Vendres, Jean-Pierre Romero. La jeunesse abonde avec Mathilde Ferrand (UMP, ainsi que les UDI Romain Grau et Annabelle Brunet, mais encore Alexandre Puignau, pour CDC. Maire des cluses, le candidat présenté par la formation centriste dispose d’un enracinement envié dans son canton, qui enblobe le Bas-Vallespir et les Albères. A l’inverse des Pyrénées-Atlantiques, ou le Parti National Basque concourt seul, la formation d’Artur Mas préfère la participation à un groupe au potentiel gagnant.

Un plan de relance économique

Au-delà des candidats, l’UMP aborde déjà un programme et un slogan, « Catalans gagnants, le nouveau souffle pour le département ». Le parti entend mordre sur sa gauche avec les deux autres formations, tout en défendant cinq lignes d’action. Il prévoit 50 millions d’euros en soutien aux entreprises et à l’emploi, un partenariat de réconciliation du Département et de la Ville de Perpignan et une action sur le patrimoine paysager. Le président de la Communauté de Communes du Conflent espère également peser dans la future grande région pilotée depuis Toulouse. Au niveau social, il souhaite un effort des allocataires du RSA par le biais de travaux d’intérêt général, comme le suggérait Christian Bourquin en juin 1998, lorsque le Pays Catalan comportait 16.000 bénéficiaires, contre 26.000 actuellement. Jean Castex souhaite reconsidérer le budget du Conseil général, dont 16% du total, soit 100 millions d’euros, sont consacrés au RSA.

La bataille du réel

Face au scrutin, la gauche départementale peut payer la désaffection des Français envers la gauche, ou bénéficier d’un micro-climat. En 1974, François Mitterrand dépassait déjà Valéry Giscard d’Estaing dans les Pyrénées-Orientales, avec 56,65 %, preuve d’un rythme de balancier propre. Elle devra affronter la colère du Parti Radical de Gauche (PRG), évincé des négociations, et pourra négliger les velléités du Parti de Gauche, qu’elle n’a pas intégré. Au centre et à droite, l’enjeu consiste à démontrer que le bilan administratif positif masquerait une détérioration. Ce sentiment corroboré par les chiffres est aussi capitalisable par le Front National, donné vainqueur dans deux, voire trois cantons, par toutes les officines politiques. Pour l’UMP-UDI-CDC, il s’agit aussi de pouvoir séduire jusque chez les obligés des réseaux bourquinistes autour d’un basculement en douceur, non de l’effondrement fracassant d’un système.

Annuaire des candidats aux départementales 2015 en Pays Catalan.

Cartographie des 17 cantons selon les 226 communes du Pays Catalan.

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