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Parallèlement à l’évolution souverainiste de la société sud-catalane, possiblement confirmée le 25 novembre 2012 par les élections anticipées du Parlement de Catalogne, le Pays Basque Sud montre un indépendantisme prépondérant. Un sondage, publié le 5 octobre par le Centre espagnol d’Enquêtes Sociologiques (CIS), indique une possibilité de 27 sièges pour le Parti National Basque (PNB) et 21 à 22 sièges pour la coalition indépendantiste de gauche Bildu, devant le « Parti Socialiste d’Euskadi », avec 14 députés, le Partido Popular, avec 9 ou 10 députés, et la Gauche Unis-Ezker Anitez, qui obtiendrait 3 sièges. En supplément d’un cas catalan embarrassant quant à ses équilibres internes, sa projection internationale et sa difficile recherche de sortie de crise, l’Etat espagnol est ainsi confronté à un probable retour du problème basque.

Rétrécissement de l’Espagne

Suite au cessez-le-feu de l’organisation terroriste basque ETA, prononcé le 10 janvier 2011, le territoire d’Euskadi, comme le désigne la langue basque, peut rencontrer les conditions d’une étape comparable aux évènements de Catalogne, où l’usage de la violence est étranger aux sentiments d’émancipation de l’Espagne. Les résultats historiques qu’obtiendrait la gauche « abertzale » basque, autour de Bildu, constitueraient une invitation vers une entente avec le PNB, parti aussi ambigu envers l’indépendance qu’a pu l’être la coalition catalane Convergence et Union, avant une clarification de message. L’aboutissement de ces deux mouvements, qui rétrécirait le territoire espagnol, fait encore partie de la politique fiction, mais les signes de fébrilités sont réels dans les hautes sphères de l’Etat espagnol, confronté au regard international. Le 5 octobre, une analyse économique de la BBC estimait ainsi que la Catalogne est « L’Allemagne de l’Espagne ».