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La multiplication des monnaies locales en Europe, symbolisée par la devise « fiorito » de Filettino, village sécessionniste italien de 600 habitants, concerne les Pyrénées-Orientales. En France circule déjà une trentaine de ces modes de paiement, dont le « sol violette » à Toulouse ou la « cassole » à Castelnaudary, tandis que 25 autres monnaies parallèles existent en Catalogne du Sud. L’association « Permaculture et transition en Pays Catalan« , qui prône l’agro-écologie et défend une « vie locale soutenable et résiliente », croit en une alternative à l’euro dans le territoire. Avec la bienveillance du Conseil général des Pyrénées-Orientales, cette structure adepte d’une relocalisation de l’économie face à la mondialisation présentera la « façon de créer une monnaie locale » le 7 mars à l’Hôtel du Département et le 19 mars à l’Université de Perpignan, avant d’en entamer le processus.

Les Jeunes UMP dénoncent la concurrence chinoise

Les monnaies locales, par nature valables sur un territoire restreint, visent à « maintenir la richesse là où elle a été produite » et à « créer du lien entre production, transformation, distribution et consommation », selon l’association promotrice à Perpignan. Ce principe trouve ses limites dans les Pyrénées-Orientales, où la logique des circuits courts, généralement associée à l’agriculture, est aussi problématique lorsqu’elle aborde le domaine industriel. Par coïncidence, le 14 février, les Jeunes UMP des Pyrénées-Orientales fustigeaient le Conseil général du territoire, qui distribue une souris d’ordinateur dotée de son logo, fabriquée en Chine. L’origine de ce gadget publicitaire faisait dire à la jeunesse de droite majoritaire : « le Conseil Général (…) ne vous soutient pas, il soutient la production Chinoise ! ».

En Roussillon, les circuits courts industriels sont sud-catalans

Face à la Chine, les circuits courts et l’absence d’industries spécialisées dans la fabrication de souris en Roussillon inviteraient à solliciter la toute proche région sud-catalane d’Olot, sauf préférence française. En effet, la proximité de la Catalogne du Sud, éclaircie par l’Union européenne, entraîne à Perpignan une pénétration de l’agroalimentaire, des plastiques ou des matériaux de construction sud-catalans. A terme, la pétrochimie, l’ingénierie touristique, les bières ou le Coca-Cola de Barcelone sont concernés, car les circuits courts industriels en Roussillon sont matériellement sud-catalans. En ce sens, ces prises de position associatives et politiques entrent dans un jeu nouveau, auquel participent le président de la Région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, et le Front National, partageant une crainte de Barcelone.

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