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Le second centre pénitentiaire des Pyrénées-Orientales est programmé par le ministère de la Justice, mais sa réalisation est étrangement retardée. Cet établissement est validé par l’Etat depuis octobre 2018, mais un couple d’oiseaux rares allonge son calendrier de construction. Ces volatiles, des oedicnèmes criards (Burhinus oedicnemus), sont une espèce protégée qui a élu domicile durablement sur la zone d’implantation du futur espace carcéral, en bordure de l’autoroute A9, sur le territoire communal de Rivesaltes. Le chantier de cette future prison a démarré, les réseaux (électricité, eau, gas, internet, évacuations) sont partiellement installés, mais les fondations ne sont pas encore posées. Les oiseaux concernés, pesant jusqu’à 460 grammes, ont installé leur nid sur le site. Leur déplacement est interdit en vertu de la réglementation environnementale, seule une dérogation préfectorale pourrait débloquer le dossier.

La future prison de Perpignan coûtera plus de 50 millions d’euros et pourra accueillir 500 détenus. Cet établissement est justifié par la surpopulation du premier, évaluée à 247% en février dernier. La construction est urgente, d’autant que l’Etat s’est engagé à l’inaugurer en 2022. L’insolite écueil environnemental de cette mise à l’arrêt rappelle les déboires de la construction de la déviation de Joncet sur la Route Nationale 116, ralentie en 2009 et 2010 par l’identification de la présence du grand duc, tout comme de variétés rares de lézards et de papillons. Dans le cas de la prison, l’oedicnème criard est menacé au niveau européen mais encore présent en Pays Catalan en dehors de la zone visée.

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