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A l’heure où les villes européennes expérimentent des solutions pour parfaire leurs dispositif de sécurité, afin de tranquilliser les populations, la la ville de Reus, 106.000 habitants, à 100 km au Sud de Barcelone, s’illustre par une méthode qui interroge. En 2006, une politique de surveillance urbaine a été lancée par le maire socialiste, Lluís Miquel Pérez, qui mobilise les habitants volontaires à avertir la police municipale, la « Guàrdia urbana », de comportements irréguliers. Malgré de vives critiques, ce dispositif de prévention a été relancé la semaine dernière par le premier magistrat, qui encourage les témoins, bénévoles, de comportements « suspects », selon ses propres mots, à avertir les autorités. M. Pérez, précisant vendredi que les volontaires agissent de manière indépendante, dans une volonté de prévention et non pas de contrôle, critique le qualificatif d’« espions » dont son opposition affuble ses 80 relais dans les quartiers. Peu après sa création, ce réseau d’observateurs civiques de Reus a fourni des résultats probants pour la majorité de la population, en mettant fin à un vaste trafic de drogue, jusqu’alors en place dans le quartier du Carrilet. En quatre ans, 61 personnes ont fait l’objet de contrôles justifiés, sur un total de 350 appels téléphoniques d’habitants reçus par les « antennes citoyennes » municipales, selon la terminologie employée par la mairie de Reus. Le bilan de cette initiative pionnière, fourni vendredi, précise que la plupart des comportements délictueux, essentiellement des vols et des rixes, sont observés par les habitants simplement de leur fenêtre ou de leur balcon. Cette politique, ardemment défendue par les commerçants, n’a été dupliquée dans aucune autre ville de Catalogne du Sud.

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