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Trouver du travail dépend de l’offre, mais aussi de l’information, selon le constat du groupe « S’en sortir et astuces boulot Perpignan 66 », fondé en février 2014 sur Facebook. Ce service gratuit, développé par le Perpignanais Hervé Legal, revendique 320 inscrits et des résultats concrets. « Une cinquantaine de personnes ont trouvé du travail en six mois », assure cet animateur commercial en grandes surfaces. A raison de quatre heures quotidiennes consacrées à la collecte ou à la conception d’une quinzaine de propositions, puis à leur rédaction et leur diffusion, ce système a déjà diffusé 2700 offres d’emploi. Les Pyrénées-Orientales comptent un autre canal Facebook, Job 66, fondé un an auparavant pour agréger des annonces prélevées sur les sources publiques et privées accessibles sur Internet.

Un complément de Pôle emploi

Alors que les autorités s’interrogent sur les recettes nécessaires à la baisse du taux de chômage, dont le Pays Catalan affiche le record national, à 14,6 %, les opérateurs privés se multiplient face à Pôle emploi. La société Jobijoba proposait 117 offres pour les Pyrénées-Orientales, le 18 août, sur la toile, où opèrent aussi Grand Sud Emploi, VivaStreet et Job à Proximité. Mais le réseau « S’en sortir » refuse les offres extérieures, au profit du terrain, car son responsable sait « rapidement quelle entreprise embauche ». Âgé de 43 ans et fort d’une expérience en manutention, mise en rayons et logistique, ce bénévole dont le groupe Facebook promet de « booster les recherches » en « complémentarité de Pôle emploi » pallie les difficultés du service public. Celui-ci détient « 30 % du marché » de l’emploi et diffuse d’ailleurs certaines annonces de ses concurrents privés, depuis le début de l’année.

Une offre diffusée avant le service officiel

« S’en sortir et astuces boulot Perpignan 66 », qui embrasse tous les métiers, est fortement incliné vers le commerce, à Perpignan et dans les environs. Son créateur organise des cafés-rencontres avec certains membres, qui « repartent au moins avec le moral ». Dans 60 % des cas, l’amélioration de leur CV, pour « intriguer les employeurs », porte ses fruits, grâce à une « tournure plus commerciale ». Entre dévotion et sens pratique, cette démonstration de système D permet d’éviter les escroqueries présentes sur certains sites d’achat-vente conventionnels, où le travail au noir trouve refuge. Début août, Hervé Legal a déniché pour une jeune chômeuse du Roussillon un contrat dans une grande enseigne du bricolage de Perpignan Sud. « L’offre n’était pas encore arrivée chez Pôle emploi », observe le père de l’agence, tout aussi informelle que réelle. Pour l’avenir, « S’en sortir » espère faire profiter de son sens du relationnel pour pouvoir « accompagner des gens sur le terrain et voir quel employeur est susceptible d’embaucher ». Le souhait est aussi de voir certains employeurs publier leurs offres et recruter directement par son biais. Ce réseau, auquel un conseiller Pôle emploi s’est même inscrit récemment, détonne en défendant l’absence d’administration. Son auteur livre une ficelle tout aussi évidente qu’oubliée : « On sait que la chocolaterie Cémoi est importante à Perpignan. Mais qui consulte la page « recrutement » sur son site ? ».

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