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L’exercice de la prostitution est soumis à un projet de loi validé le 4 décembre 2013 par l’Assemblée nationale, sanctionnant les clients par une contravention de 1500 euros et contenant des « parcours de sortie de la prostitution » dotés d’un budget annuel de 20 millions d’euros. Si les négociations pour pratiques sexuelles tarifiées ont quitté la voie publique en Roussillon et dans la plupart des villes françaises, certaines artères de Perpignan ont connu leurs habitudes nocturnes jusqu’à la fin des années 1990, avant la loi Sarkozy du 19 mars 2013, pour la sécurité intérieure. Ce coup d’arrêt, provoquant une transformation des méthodes de mise en relation entre l’offre et la demande, a multiplié les stratégies alternatives d’individus assujettis à l’impôt malgré leur absence de statut. Ces travailleuses et travailleurs du sexe maintiennent ainsi le plus vieux métier du monde en signalant leurs lieux d’activités à Canet-en-Roussillon, Argelès-sur-mer ou Perpignan, par des annonces payantes sur Internet et des sites professionnels où abonde le vocable « escort », parfois présenté par de véritables agences nationales où les clients effectuent leur choix après avoir indiqué leur ville de résidence.

Ce qu’il convient d’appeler un marché, et la promotion banalisée qui lui est associée, s’accompagne d’incitations quotidiennes insérées dans la presse majoritaire des Pyrénées-Orientales, où l’expression pudique et imagée de « relaxation » tient lieu de code pour les personnes avisées, tandis que le Roussillon affirme étonnamment sa position géographique. En effet, la sociologie sud-catalane de la prostitution, illustrée par la présence de professionnelles asiatiques et latinas, met en évidence une tendance inconnue il y a encore quelques années, notamment à Perpignan.