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La Clau
La Cour des comptes questionne la gestion d’une société liée à la mairie de Canet
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La Chambre régionale des comptes “Occitanie” livre un rapport de 75 pages sur la gestion de la Société Publique Locale “Sillages”, dont la mairie de Canet-en-Roussillon est actionnaire à 85%. Les 15 % restants reviennent aux communes de Sainte Marie la Mer, Saint-Nazaire et Villelongue-de-la-Salanque, ainsi qu’à la communauté urbaine Perpignan Méditerranée. Ce document porte sur la période 2014-2020, correspondant au second et dernier mandat de l’ancien maire Bernard Dupont (Les Républicains). Selon ses statuts, la SPL visée à pour PDG le premier magistrat de la commune.

Des élus influent sur les embauches de personnel

Le rapport, connu des dirigeants de la SPL depuis le 2 novembre, questionne le périmètre d’action de cette structure, créé pour gérer le port de plaisance de Canet, mais ayant mis la main sur la juteuse gestion des parkings et la construction de l’aquarium Oniria. Les auteurs signalent une organisation non adaptée à ces nouvelles compétences, invitent à davantage de “contrôle interne” et assurent que “la gestion des recrutements manque de transparence, faute de procédure et du fait de l’influence dominante des services et de certains élus de la commune”. Ils citent le recrutement agent d’entretien membre de la famille du maire, en 2015. Il ne s’agit certainement pas d’une exception, en Pays Catalan ou en France, mais ce mécanisme préférentiel fondé sur les emplois réservés est explicité sans ambages.

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La SPL “Sillages” est responsable, selon l’étude de la Chambre, d’un surcoût de 500 000 euros de l’aquarium Oniria, inauguré le 10 juillet. Cette augmentation du budget initial est due à une “gestion peu performante” de la passation du marché de construction. L’absence de suivi de la trésorerie, au fil de l’année, est constatée. Par analyse simple, cette sorte de laisser-aller confinant à l’amateurisme illustre la situation de la SPL, dont la capacité de désendettement “se dégrade fortement”.

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Parmi ses préconisations, la Cour des comptes indique le besoin d’une “représentation équilibrée entre actionnaires s’agissant de la composition des instances de contrôle interne” de la SPL. Le Conseil d’administration de la société comporte 13 membres, dont les émoluments ont progressé de 2014 à 2020. Il est question d’indemnités de 15 552 euros par an pour le vice-président, 3528 euros pour les présidents de comités internes de cette structure, tandis que le PDG était bénévole jusqu’en 2020. Depuis, le vice-président n’est plus rémunéré, le maire-PDG reçoit un maximum de 22 000 euros bruts par an et les administrateurs perçoivent 4 284 euros. Au total, la “masse salariale” de la SPL a presque triplé.

Consultez ici le rapport complet.

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