POLITIQUE

Perpignan: la Cour des comptes pointe l’opacité du cabinet de la présidente du Conseil départemental

143 pages pour éplucher le fonctionnement de la collectivité

Hermeline Malherbe, présidente du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales © Conseil départemental des Pyrénées-Orientales
Hermeline Malherbe, présidente du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales © Conseil départemental des Pyrénées-Orientales

Une armée de 31 agents au cabinet de la présidente du Conseil général, à Perpignan. Le Cour des comptes souligne le manque de transparence et la raison des recrutements.

Le “Rapport d’observations définitives et sa réponse” de la Cour des comptes, au sujet du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales”, a été dévoilé ce mardi 20 octobre. Ce document aux allures d’audit sur la période 2013-2020 aborde 9 domaines et bien plus d’items. Il révèle notamment le “poids budgétaire des domaines de compétences du département”, les “moyens affectés au fonctionnement des groupes politiques”, le “cabinet de la présidence”, la masse salariale, la gestion du temps de travail, les politiques sociales et la “fiabilité des comptes”.


Une armée de 31 agents au cabinet de la présidente

Le service entourant la présidente socialiste, Hermeline Malherbe, comprenait 31 personnes en février 2019. Le rapport informe que le Conseil départemental “n’a pas été en mesure de produire les délibérations” indiquant certains recrutements liés ni leur “motif” et la “nature des fonctions”. Cette opacité, dont le Conseil départemental n’a pas le monopole, s’est renforcée depuis l’avènement de feu le président Christian Bourquin, en 1998. La Cour des comptes “s’appuie sur l’examen des conditions de recrutement pour constater que la collectivité ne déclare pas systématiquement au centre de gestion les emplois de contractuels”. La “pleine transparence de ces recrutements” est questionnée.

64 % du budget pour le social

Le rapport, de 143 pages au total, révèle que les politiques sociales absorbent “majoritairement les moyens de la collectivité”, soit 402,9 millions d’euros en 2019, correspondant à 64 % des dépenses de fonctionnement. Ces dépenses ont augmenté de 13 % de 2013 à 2016, contre 9 % en France.
Par ailleurs, la masse salariale au Conseil départemental des Pyrénées-Orientales est passée de 98,2 millions d’euros en 2013 à 106 millions en 2018, pour 2508 agents, soit 20,94 % du budget global. En moyenne, chaque contribuable du Pays Catalan paie à ce titre 225 euros par an, une somme extravagante au sujet d’une collectivité dont les compétences sont floues pour le plus grand nombre.

Consultez le rapport dans son intégralité.

Laura Pardineille