Langue

L’année 2015 sera décisive pour Alain Juppé, candidat à la primaire de l’UMP depuis août dernier, pour l’élection présidentielle de 2017. Dans ses voeux, il souhaite faire « de 2015, 2016, 2017 … des années bonnes pour la France » et cite la « communauté nationale », comme une chance de « progresser ». Fort d’un profil moins tranchant que celui de Nicolas Sarkozy, l’ancien premier ministre de Jacques Chirac est apte à mordre sur sa gauche. Peu démodé malgré ses bientôt 70 ans, il a reçu en novembre les faveurs du magazine Les Inrockuptibles, qui lui faisait dire « je suis favorable à l’adoption par un couple de même sexe« .

« A gauche, on n’a que des diesels ou des petites cylindrées »

Face à la montée de Marine Le Pen et l’affaissement historique d’un Parti Socialiste dépassé par le XXIe siècle, de maire de Bordeaux défend l’alliance avec le centre, jusqu’au Mouvement Démocrate de François Bayrou. Cette porosité jusqu’au centre-gauche constitue un point de rupture avec l’ancien Président de la République, tenté par la droitisation. Mais Alain Juppé trace aussi sa voie sur le terrain institutionnel en souhaitant réduire « de moitié » le nombre de parlementaires en France, soit 577 députés et 348 sénateurs, comme Bayrou et Sarkozy en 2012. Il peut désormais profiter de la révélation effectuée le 1er janvier par le magazine Le Point, selon lequel François Mitterrand disait de lui en 1994 : « De tous, c’est le meilleur. Je n’ai jamais vu ça. Nous, à gauche, on n’a que des diesels ou des petites cylindrées. Lui, c’est une Ferrari. Il a tout. La rapidité, le recul, l’intelligence, le sens de l’État et de l’intérêt général ». En ajout à la phrase de Jacques Chirac voyant en lui « le meilleur d’entre nous », la prise de position mitterrandienne, post mortem, fait figure d’adoubement.

Partager