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Le vote de l’Assemblée nationale sur l’adoption de la réforme régionale, à l’aube de mercredi 19 novembre, a été déserté par les quatre députés des Pyrénées-Orientales. Les socialistes Pierre Aylagas, Jacques Cresta et Robert Olive, ainsi que l’UMP Fernand Siré, n’ont pas pris part à ce choix crucial pour leur territoire. La future carte à 13 régions au lieu de 22, validée en deuxième lecture, rattache le Pays Catalan à Midi-Pyrénées, par élimination du Languedoc-Roussillon. Trois mois après le décès du président régional Christian Bourquin, la résignation des parlementaires qu’il avait proprement inventés interroge. Mais après le bouillonnement d’octobre, la nouvelle entité administrative ne fait presque plus de vagues. Jeudi 20 novembre, le président du Languedoc-Roussillon, Damien Alary, en parlait déjà au passé : « Je défendais la position de Christian Bourquin. J’étais contre cette union ».

Entre pragmatisme et colère

Le nouvel ensemble régional « Midi-Méditerranée » ou « Pyrénées-Méditerranée » révèle le pragmatisme de François Calvet. Le sénateur des Pyrénées-Orientales, au coeur fixé dans une région de Cerdagne davantage pénétrée par Toulouse que Perpignan, défend une inclusion raisonnée. Il n’oublie le débat d’avant 1972, sur le ralliement des Pyrénées-Orientales à Midi-Pyrénées ou au Languedoc-Roussillon. Sur l’expérience d’une alliance pas vraiment choisie, le parlementaire appelle au « lobby », pour que le Pays Catalan fasse bloc avant de négocier son entrée dans une nouvelle famille encore plus élargie. Pour sa part, le parti Unitat Catalana souligne une troisième voix. Il rappelle que les habitants des Pyrénées-Orientales ont choisi « massivement » la « transformation du département catalan en région », sur un sondage informel du quotidien l’Indépendant, octroyant 41 % à cette éventualité. Une pétition tourne, mais la voix catalane, écoutée à l’échelle régionale, est couverte par l’insignifiance du Languedoc-Roussillon à Paris. Unitat Catalana craint un « hypercentralisme toulousain » succédant à un « hypercentralisme » montpelliérain et prône un statut particulier inspiré du Grand Lyon, du Grand Paris ou de la Corse.

L’UMP et l’UDI sont déjà à l’automne 2015

La future région s’étirera sur 13 départements, de Cerbère à Cressensac, à un jet de pierre de l’aéroport de Brive. Ce périmètre de 5,5 millions d’habitants est déjà une réalité pour le centre et la droite majoritaires, dont la première réunion stratégique s’est tenue vendredi 21 novembre à Toulouse. Jean-Luc Moudenc, maire UMP et président de Toulouse Métropole, a notamment accueilli le maire et président de l’Agglomération Perpignan Méditerranée, Jean-Marc Pujol, le sénateur Calvet, le député Siré, le maire de Narbonne Didier Mouly ou encore celui de Sète, François Commeinhes. En vue des élections régionales de fin 2015, les velléités de Jean Castex, maire de Prades né en Midi-Pyrénées, à tenir la tête de liste, restent à éclaircir. Mais l’UMP et l’UDI sont en ordre de bataille, en assimilant parfaitement la mort d’une région et la naissance d’une autre.

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