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Les récents changements sociétaux espagnols surprennent, à l’approche de l’élection présidentielle française de 2012. Alors que le programme politiqué présenté en 2004 par le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) de José Luis Rodríguez Zapatero, élu en 2005, comportait l’engagement, appliqué par loi en juillet 2005, de « rendre possible le mariage entre personnes du même sexe et l’exercice de tous les droits qu’il comporte”, le PS français préfère édulcorer la question. Le pré-programme du parti de Martine Aubry fait référence à l’homoparentalité, mais élude encore le contrat matrimonial, à l’inverse de la réalité du Portugal, qui, en mai 2010, a légalisé le mariage, tout en proscrivant l’adoption. En Catalogne du Sud, un précédent a été créé au printemps 2010, lorsque le député-mairie de Figueres, Santi Vila, candidat aux élections générales catalanes qui ont donné lieu, en novembre, à la victoire de son parti, Convergence et Union (CiU), a préféré évoquer personnellement son homosexualité plutôt qu’abandonner cet aspect insignifiant aux plumes mal intentionnées.

M. Vila, qui se définit lui-même comme “personnalité frontière”, c’est à dire “catalaniste mais citoyen du monde”, ou encore “liberal, mais sensible au sort des plus faibles”, et enfin “moderne, mais aussi conservateur”, incarne la nouvelle époque. Cet élu de 38 ans imposé de nouveaux objectifs à une ville endormie sur les lauriers de Salvador Dalí, et postule à sa propre succession à l’occasion des élections municipales espagnoles, attendues le 22 mai. Santi Vila, leader des élus de la province de Girona au Parlement de Catalogne, ne dissimule pas non plus son avis, contre son propre camp. Il déclarait samedi, dans une interview accordée à l’agence de presse EFE, que la province de Girona reste ”discriminée” par le gouvernement catalan, à majorité CiU, dirigé par le président Artur depuis décembre 2010. Selon lui, le centralisme barcelonais de l’ancien gouvernement, à majorité socialiste, ne fait que persister avec les “siens”. Ce type de prises de prise de position est rare dans les Pyrénées-Orientales, où la discipline des partis impose généralement la mise en sourdine des problématiques territoriales, au profit de la globalité. Le principal dossier qui résume ce schéma est le projet “Septimanie” de Georges Frêche, qui a donné lieu, en 2005, à une importante mobilisation citoyenne à Perpignan. Nombreux à se déclarer, dans l’intimité, révulsés par ce projet, les socialistes catalans n’ont pas communiqué leur sentiment à l’autorité de Montpellier.

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