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La mise en place de l’offre politique de gauche en lice aux élections municipales de Céret, au Sud des Pyrénées-Orientales, n’est pas aisée. Dans la ville dont le maire de gauche sans étiquette, Alain Torrent, tarde à se positionner, des interférences se produisent dans la constitution de la liste socialiste du candidat Patrice Dorp. Ce dernier, ancien cadre de Pôle emploi, actuel secrétaire de la section socialiste municipale, a été choisi le 28 juin pour mener la bataille, par 100 % des militants participant à une votation dédiée, soit 55 % du total ou encore 33 voix. Mais un article de presse indiquant un « duel Alain Torrent-François Brulé », publié le 6 novembre par les Journaux du Midi, déstabilise le candidat. En effet, l’inspecteur du Trésor François Brulé, figurant sur la liste citoyenne « Agir pour Céret » présentée en 2008, dirige depuis septembre 2012 le collectif « Demain Céret », aux côtés du concessionnaire Renault Michel Privat. Cette structure organisée en commissions, rassemblant des personnalités sans étiquette, des adhérents communistes, du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), du Parti de Gauche et du Parti Socialiste, est soutenue par Henri Sicre, ancien député-maire, figure tutélaire du PS de Céret et de la circonscription. Par sa dynamique, Demain Céret est en mesure de rallier la candidature PS ou de la snober.

A gauche, le PS est-il le mieux placé pour gagner ?

Dans un communiqué du 12 novembre, Patrice Dorp dénonce une « manipulation » par presse interposée et précise avoir tenu une rencontre officielle avec Demain Céret, le 28 octobre, pour « rassembler au sein d’une liste unique, l’ensemble des forces de progrès ». Cette stratégie a donné lieu à une « confrontation des programmes », une prévision de partage des sièges de conseillers et adjoints assortie d’un « processus de désignation de la tête de liste et de la candidature à la présidence de l’intercommunalité ». De la sorte, le « ralliement du PS » à « Demain Céret » précisé par l’article ne correspond pas à la réalité, qui est celle d’une « négociation », selon le candidat, qui préférerait un ralliement inverse. Le rapport de force engagé oppose visiblement une volonté issue du fond de la ville à un procédé venu d’en haut, inspiré des méthodes nationales du Parti Socialiste, parfois tendues, d’autant que le PS se présentera y compris « en cas de désaccord ». Mais à la différence des grandes villes, a l’échelle de Céret, cité de 7600 habitants dirigée par un maire divers gauche et pourtant maire, le sceau politique n’est pas une garantie. Au delà et invariablement, le vainqueur du scrutin devra faire face à un taux de chômage explosif de 15,9 % enregistré début 2013 dans le bassin de Céret. Ce chiffre, le plus élevé des Pyrénées-Orientales, est aussi l’un des tout premiers de France.

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