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Au lendemain d’un vote historique de 64% du Parlement de Catalogne pour l’obtention du droit de mise en place d’un référendum sur l’indépendance, la réaction du gouvernement espagnol laisse entrevoir une impasse. Ce 17 janvier, le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, déclarait lors d’une conférence de presse tenue aux côtés du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qu’il est « impossible de dialoguer avec la Catalogne si celle-ci continue de prendre des décisions unilatérales ». Le chef de l’exécutif central a souhaité présenter une attitude d’ouverture à la discussion, tout en rappelant que la souveraineté « est détenue par l’ensemble du peuple espagnol, et seul le peuple espagnol peut disposer d’elle ». Son positionnement, attendu par les autorités catalanes, donne un crédit immédiat à au plan B envisagé par le président catalan, Artur Mas, chef de file du parti centriste Convergence Démocratique de Catalogne, qui évoquait dès le 27 décembre des élections anticipées, dont la Catalogne a la compétence, au contraire des consultations référendaires. Cependant, le soutien gouvernemental de M. Mas, la Gauche Démocratique de Catalogne, qui ferait alors jeu égal avec CDC, prévoit une déclaration unilatérale d’indépendance consécutive du scrutin, qui aurait valeur de référendum.

Les militaires espagnols, inquiets pour l’unité nationale

La position de l’armée espagnole sur le processus catalan, dans un pays dont l’histoire récente reste une douleur, prend de l’importance, après un premier signal donné en décembre 2012. Le lieutenant général retraité Pedro Pitarch affirmait à l’époque que l’unité de l’Espagne « fait partie de l’ADN » des militaires espagnols. Une confirmation de plus haute tenue est survenue le 9 janvier par la voix du ministre de la Défense, Pedro Morenés, affirmant que les « militaires » espagnols s’inquiètent que plusieurs partis politiques catalans « puissent remettre en question une valeur aussi essentielle que l’unité de l’Espagne ».

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