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Entre son départ de la vie politique annoncé le 30 janvier et son ouvrage « Une vie pour construire. Une autre idée de la politique », disponible le 14 février, l’ancien maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy, se confie prudemment au journaliste Jacques Molenat. Dans un entretien publié ce jeudi 13 février sur le site Internet de l’hebdomadaire L’Express, le président de l’Agglomération Perpignan Méditerranée retrace 22 années de vie politique en Pays Catalan, racontés dans son livre, préfacé par Jean-Louis Borloo, président de son parti, l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI), et par son successeur espéré, Romain Grau. Passionné par la chose politique, suffisamment éloigné pour susciter de légères confidences, le Montpelliérain Jacques Molénat fait dire à l’intéressé que le nom Alduy « est dans l’inconscient collectif » de la capitale du Roussillon, après un père qui a « eu le talent de coller à l’évolution de Perpignan. Sous la bannière SFIO il était élu à 60%, sous l’étiquette UDF à 60% ». Le fils de Paul Alduy oppose le « clientélisme reproché » à ce dernier à sa propre « règle de l’impartialité », tout en évoquant un échec, le « quartier Saint-Jacques (…) où se concentre une importante population gitane ». Titillé sur la relation compliquée avec Barcelone, Jean-Paul Alduy rappelle le dernier argument d’un imaginaire territorial intarissable : « A proximité immédiate de l’aéroport international de Barcelone, nous sommes la ville du sud de la France la mieux reliée au monde ».

Le moderne Romain Grau et « l’ordre ancien » de François Calvet

En-deçà des apparences UMP, UDF ou UDI, Jean-Paul Alduy, toujours sur la retenue envers la presse, parle d’idéologie intime en réfutant l’adjectif « libéral », sans rechigner à s’avouer « libertaire, peut-être ». Celui qui ne « regrette rien » évoque surtout l’avenir en estimant que Romain Grau, vice-président de Perpignan Méditerranée chargée du développement économique, dont il partage les « valeurs », est l’homme qui doit obtenir la présidence, dans un territoire entré « dans une nouvelle ère, celle de l’économie numérique, de la ville intelligente ». Selon lui, l’agglomération mérite « quelqu’un de moderne à la hauteur de ces enjeux », tel Romain Grau, qui est « professionnellement branché sur l’entreprise, qui parle plusieurs langues ». Celui-ci lui paraît « nettement mieux placé » que le sénateur et président de l’UMP des Pyrénées-Orientales, François Calvet, velléitaire pour cette fonction, qui représenterait « l’ordre ancien ».

L’élection du Front National, « catastrophique » pour l’image de Perpignan

Jacques Molenat interroge aussi Jean-Paul Alduy sur Louis Aliot, vice-président du Front National, compagnon de Marine Le Pen et candidat pour la troisième fois à une élection municipale perpignanaise. Ce candidat est un « danger », car, en cas d’élection, « toutes les télévisions seront à Perpignan (…) Notre image serait détestable ». L’amateur d’art, lui-même aquarelliste, estime qu’une prise de la ville par l’extrême-droite serait « catastrophique pour la vie culturelle, l’économie et la cohésion sociale », avant de signaler que « le danger est d’autant plus grand qu’Aliot est un bon candidat« , même « habile », qui « ne parle pas des problèmes de Perpignan, dont il est largement ignorant ». En conclusion, le sortant livre une indication sur les prochaines saisons : à l’affirmation « on vous continuera à vous entendre », il répond « Bien entendu. Aujourd’hui, je vis l’étape de la transmission ».

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