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Le divorce entre le Parti Radical et l’UMP, annoncé ce week-end à Paris lors du 111e congrès du premier des deux partis, a été l’occasion pour l’un de ses vice-présidents, Jean-Paul Alduy, de saisir un protagonisme nouveau au sein du plus vieux parti de France. Dans un discours musclé, dont témoigne une vidéo saisissante, le maire-adjoint de Perpignan a fourni ses arguments dans le sens d’une réunion des centres, et d’une candidature de Jean-Louis Borloo à l’élection présidentielle de 2012. Selon lui, « l’ensemble du monde est en bouleversement », eu égard aux révolutions arabes, et une nouvelle offre politique doit s’imposer en France. Critique envers l’UMP, qu’il a qualifié de « parti de la tiédeur (…) qui cherche sans cesse des équilibres subtils, que personne ne comprend », M. Alduy a présagé un « échec annoncé » d’une candidature Sarkozy en 2012. Rappelant qu’il a dû « appeler à voter PS » lors des dernières élections cantonales à Perpignan, afin de tenir en échec le candidat du Front National Louis Aliot, l’ancien maire de la ville a condamné la stratégie de l’UMP consistant à se placer « sur les rives populistes de Mme Le Pen », avant de motiver l’assistance à « fabriquer la force face au front ».

Cette prise de position face à un public par avance conquis s’est déroulée samedi soir, quelques minutes avant la révélation de l’affaire Dominique Strauss Kahn. L’éviction du plus centriste des socialistes présidentiables en 2012 ouvre un espace au centre-gauche, que le Parti Radical s’emploiera vraisemblablement à travailler. Jean-Paul Alduy, dans un rôle ressemblant à celui d’un directeur de campagne, a même lancé, à l’adresse de M. Borloo, « Jean-Louis, on a besoin de toi, on a besoin que le centre à nouveau existe », avant de rendre sa gratitude à l’UMP. Précisant que le corps d’élus radicaux « assume les réformes », donc celle des universités, et le Grenelle de l’Environnement, l’ancien président de l’UMP du Pays Catalan de 2002 à 2007 s’est positionné en conquérant,
lors d’un discours très applaudi.

Les conséquences de cette prise de position, déjà palpables dans les Pyrénées-Orientales, se manifesteront de manière plus évidente en janvier 2012, lorsque sera rompue la convention d’association entre le Parti radical et l’UMP. D’ici là, les élections sénatoriales du 25 septembre prochain devraient fournit une marge de manoeuvre nouvelle pour M. Alduy, émancipé de la droite majoritaire représentée par François Calvet, actuel président de l’UMP territoriale et tenant de la ligne sarkozyste, dépendante de l’influence du FN. Tout comme la possible candidature Borloo attise l’antipathie de l’UMP au sommet de l’État, le soutien de Jean-Paul Alduy à cette même candidature soulève des remous en Pays Catalan. En février dernier, la restructuration du Parti Radical des Pyrénées-Orientales, désormais détenteur de plus de 600 adhérents, a transformé cette formation, populairement méconnue, en socle décisionnaire du territoire à l’occasion des futures échéances.

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