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En fin d’année 2010, le nouveau Président du Gouvernement de Catalogne, Artur Mas, a joué la carte de l’ouverture en nommant le socialiste Ferran Mascarell au poste de ministre-conseiller de la Culture. Mais voici que les socialistes sud-catalans imitent malgré eux leurs homologues français. Alors que, depuis avril 1979, et la première élection post-franquiste remportée par Narcís Serra, le Parti des Socialistes de Catalogne (PSC) a toujours conservé la mairie de Barcelone, Jordi Hereu, l’actuel maire et candidat à sa propre succession, devra d’abord remporter des primaires pour représenter son parti lors des élections municipales du 22 mai prochain.

Après sa lourde défaite du 28 novembre 2010, lorsqu’il est passé de 42 à 28 députés au Parlement de Catalogne, le PSC devrait également voir son poids diminuer au conseil municipal de la capitale catalane. Les socialistes, qui forment le groupe majoritaire avec 14 conseillers municipaux sur 41, n’en obtiendraient plus que 9 ou 10 selon un sondage interne au parti, datant du 12 janvier. Pire, ils ne pourraient constituer que la troisième force politique, derrière Convergence et Union (CiU), formation centriste d’Artur Mas, et le Partido Popular (PP), composante principale de la mouvance réactionnaire espagnole.

Il n’en fallait pas plus, pour affûter les appétits dans un PSC sans vrai leader depuis que José Montilla, l’ancien président du Gouvernement catalan, a annoncé son futur départ. C’est donc l’ex-ministre-conseillère de la Justice, Montserrat Tura, qui est partit à l’assaut, en annonçant dès jeudi 13 janvier sa candidature aux primaires. M. Montilla tente d’apaiser la situation en se plaçant en garant de primaires loyales, alors que les principaux intéressés semblent vouloir s’éloigner de l’appareil du parti pour mieux aborder les échéances électorales. Les ressemblances avec le Parti Socialistes Français sont troublantes dans ce nouveau schéma politique, qui pourrait bien faire tâche d’huile en Catalogne du Sud. Cette division issue des rivalités internes au socialisme barcelonais pourrait bien profiter à CiU. Dans cette confusion de ses adversaires, ce dernier parti joue la continuité en présentant Xavier Trias, leader de l’opposition municipale depuis 2003.

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