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Les informations faisant état d’une économie espagnole au bord du gouffre incitent certaines voix politiques catalanes à adopter la radicalité. Dans cet esprit, trois partis représentés au Parlement de Catalogne, à Barcelone, la coalition centriste Convergence et Union (CiU), le mouvement post-communistes Initiative pour la Catalogne et la Gauche Républicaine de Catalogne, revendiquent ensemble le droit à « sortir du Titanic ». Cent ans après le naufrage le plus célèbre de l’Histoire, cette déclaration fracassante a été formulée de concert le 5 juin 2012, à Bruxelles, par les députés européens Ramon Tremosa i Raül Romeva, membres des deux premiers partis. Cette démarche relaie une proposition de loi présentée au Congrès espagnol, en mai, par le premier parti cité. Individuellement, M. Tremosa, symbole de l’élite catalane présente dans l’hémicycle européen, défend l’idée de « démanteler l’inefficace Etat espagnol, qui a utiliser les financements européens n’importe comment ».

Sur la même veine, le parti politique Convergence Démocratique de Catalogne (CDC), composante majoritaire de CiU, jugeait le 9 juin que « chaque Catalan paie 2200 euros pour être espagnol ». Ce calcul, exposé par le secrétaire d’organisation du parti, Josep Rull, est fondé sur les 16,4 milliards de déficit fiscal affichés par la balance budgétaire sud-catalane. Selon les nationalistes catalans, ce manque à gagner correspond au recettes fiscales prélevées par l’Etat espagnol en Catalogne, sans restitution. Pour M. Rull, l’outil à acquérir pour résorber ce déséquilibre est une « fisc propre », qui reviendrait à « disposer de la caisse et de la clef de la caisse« . Plus qu’une décentralisation accrue, obtenue en trois décennies en Catalogne, cette solution préfigure une indépendance politique, dont les connotations négatives s’effacent au Sud du massif des Albères.

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