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La Clau
Artur Mas : « si la banlieue choisit l’indépendance, c’est gagné »
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Dans sa quête d’Etat qu’il se garde de nommer « indépendance » en laissant ce soin à la presse, le gouvernement catalan scrute la distribution géographique des opinions. En effet, la grande banlieue de Barcelone, ceinture rouge majoritairement socialiste ou coalisée avec les post-communistes, est une cible à convaincre, car le Parti Socialiste Catalan (PSC) est davantage fédéraliste espagnol que nationaliste catalan. En revanche, la coalition au pouvoir, Convergence et Union (CiU) est hégémonique dans les mairies, à l’extérieur de la province de Barcelone, notamment dans la province de Girona. Dans sa stratégie, Artur Mas, président du gouvernement et de CiU, révèle s’attacher désormais à séduire la grande banlieue de la capitale, en affirmant « Si le processus national pénètre le Baix Llobregat, le reste viendra naturellement ».

300 meetings sur le thème « Que se passe-t-il en Catalogne ? »

Dans la partie Sud de la province de Barcelone, le Baix Llobregat et ses 800.000 habitants sont un secteur largement dévolu aux populations issues des autres régions du territoire espagnole, notamment d’Andalousie, que CiU souhaite associer au processus souverainiste, qui « ne concerne pas seulement une partie de la Catalogne, mais la Catalogne entière”, selon M. Mas. Cette évolution, manifestée le 17 avril à Pallejà, dans cette même région, dévoile un diagnostic selon lequel l’indépendance peut être majoritairement acceptée à Barcelone et dans les provinces de Tarragona, Lleida et Girona, tandis que la masse des réfractaires, concentrée géographiquement, mérite toutes les attentions. En ce sens, le président Mas et plusieurs dirigeants de CiU ont entamé le 14 avril une tournée endurante, de trois mois et de 300 meetings, sur le thème « Que se passe-t-il en Catalogne ? », destinée à « construire avec force la grande majorité que le droit à décider exige”. Le « droit à décider » doit se traduire en 2014 par un référendum sur « l’Etat propre », mais la constitution d’un corps diplomatique et d’instruments d’Etat, cadrée par un « Conseil de transition nationale » présenté le 12 avril, est amorcée depuis plusieurs mois.

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