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Le Pays Catalan, microcosme des microcosmes, vit une situation inédite : le 3 novembre 2008, contre toute attente, le Tribunal Administratif annulait les élections à la Mairie de Perpignan, soit le sceptre du pays. En attente du résultat de l’appel auprès du Conseil d’Etat et dans l’expectative de nouvelles élections, l’activité politique sur le net s’en trouve boostée. En dehors des sites de partis, désormais désuet, se trouve en camp de base le blog perso du futur ex-candidat relatant en lieu et place d’une analyse politique ses sentiments sur sa vie politique, réorchestrés par son chargé de Com’. Non seulement le politique est un homme ou une femme comme un autre, mais, au temps de l’a-idéologie, elle est une histoire de sentiments au lieu de raison, d’instinct au lieu d’analyse, au moins en apparence, l’essentiel résidant dans le dénigrement de l’adversaire et la mise en avant de sa propre action. Lisons le blog du maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy (www.alduy.fr), l’austère gris et bleu laissant la place à un maire souriant mais décidé dans le texte, s’adressant à l’internaute, le « chers amis » ponctuant ses posts : simple et efficace, voire rasant, vieillot. Du côté de son adversaire en rose, Jacqueline Amiel-Donat (www.amiel-donat.com), un seul mot vient à l’esprit : « jeunisme ». Jacqueline fait dans le bobo, avec dérapages verbaux contrôlés et invitation au yoga. Un style d’avant-hier là où son meilleur ennemi Jean Codognès, divers gauche, voudrait être actuel au moins sur le fond en surfant sur la vague Obama, faute de moyens pour la forme (http://jeancodognes.typepad.fr). L’autre candidate Clotilde Ripoull ne maîtrise manifestement pas l’outil (www.modem66.com).

« Un fatras politicien qui va fatiguer l’internaute »

La difficulté avec Internet est que cela va souvent trop vite et que cet activisme sur la toile est déjà dépassé, moins sur la forme que sur le fond. Internet a sa propre logique, qui évolue en permanence et ne fonctionne qu’avec une montagne de moyens ou un gamin génial. Les dernières avancées en sont connues jusqu’à Perpignan, ce qui vieillit instantanément les tentatives modernistes de nos politiques. Ainsi, l’autre technique adoptée cet hiver en matière de politique locale sur la toile est l’émergence des blogs de satyre politique, visant évidemment un seul camp, avec plus ou moins de talent. Le pionnier fût le site www.perpignan-toutvabien.com du journaliste Fabrice Thomas, initialement anti-Alduy convaincu, qui, après un virage à 180 degrés, taille l’adversaire de ce dernier en soutenant indirectement l’ancien haï, dans une posture incompréhensible. Mais le plus offensif est sans doute www.objectifalternance.com, graphiquement insensé, qui dénonce férocement le maire Jean-Paul Alduy, et qui, on le sait maintenant, a constitué le point d’entrée dans la bagarre municipale de mars 2008 de Clotilde Ripoull, citée plus haut, alors qu’émerge dans l’autre camp un site de satyre assez talentueux www.pere-pinya.com qui allume tous les politiques sauf Jean-Paul Alduy. Plus direct, le site de satyre objectivement lié à Jacqueline Amiel-Donat http://perpignanlaloose.blogspot.com dénonce clairement la droite, de Sarkozy à Alduy, et tresse des couronnes de laurier à la gauche, évidemment. Il y a de grandes chances que ce fatras politicien finisse par fatiguer l’internaute, déjà habitué au Web participatif et au rapport virtuel réel avec le candidat.

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