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La célébration des Jeux Olympiques d’Été à Pékin a été l’occasion de casser des schémas et d’en confirmer quelques autres par rapport au pays communiste et capitaliste qui nous épouvante en ces temps de crise. En fait, après Pekin, Shangai accueillera en 2010 l’Exposition universelle et on verra alors des métamorphoses architecturales et urbaines sans précédent dans l’histoire du monde. Des centaines de milliers de personnes seront affectées par les changements profonds imposés pour le gouvernement chinois, qui crée un pays urbain et expansionniste qui réveille à nouveau le péril jaune qui ne s’est pas effacé tout à fait de nos mentalités. Cette exposition, fruit d’un partenariat entre le Centre de Culture Contemporaine de Barcelone et la Cité de l’architecture et du patrimoine de Paris, est la première genre, hormis l’iconographie touristique, à avoir une certaine inquiétude économique et une certaine innocence devant les mécanismes de développement de l’Empire du Milieu. Cette fourmilière chinoise et entreprenante ne cesse de surprendre ceux qui en connaissent l’élan du XXe siècle, jusqu’à l’accélération écervelée des dix dernières années, comme figure dans un premier espace présenté à Barcelone. Le deuxième est une exploration de 6 villes, 6 mégapoles, comme sont Shanghai et Pékin, mais aussi Suzhou i Xi’an, ou des inconnues ici comme la conurbation qui va de Canton à Shenzhen, dans le détroit de la Rivière des Perles. Finalement Chongqing, le bourg de tous les vertiges, se trouve près de la méga-écluse des Trois Gorges. Un troisième ensemble intiluté «Positions» délivre le portrait de la nouvelle génération d’architectes chinois, témoins et acteurs de la mutation du pays. Parmi les pièces présentées un plan-relief de l’Institut d’Urbanisme de Pekin qui n’était jamais sorti de la Chine… et beaucoup de photographies de l’épopée urbaine.

Le cinéma chinois, pour adoucir l’esprit de conquête

La Chine depuis une décennie est plongée dans d’importants processus de changement, avec des villes qui popursuivent une transformation imparable, un processus de construction et de destruction qui les modifie de façon profonde et avec une rapidité surprenante. L’exposition situe ces changements dans la continuité de l’histoire et de la culture de la grande puissance asiatique, afin de présenter la réalité de la ville d’hier et d’aujourd’hui. C’est donc l’occasion de confronter ces réalités avec l’imaginaire chinois et occidental, mais aussi avec des mécanismes frères de l’information ou la propagande. On propose donc une lecture dynamique du territoire, à travers ses clichés, qui, comme tous les clichés, couvrent une partie de la réalité : le jardin, l’écriture et la culture, la terre et l’homme, l’eau, le fengshui, la construction et la destruction, la famille… Tout vela permet de saisir ce qui affecte plus de 1300 millions de Chinois et Chinoises, face aux transformations urbaines. Et le cinéma de s’inviter par surprise à l’expo, grâce à cinq réalisateurs chinois qui posent leur regard d’auteurs, comme le jeune Jia Zhangke, qui a créé pour l’occasion un court-métrage de 20 minutes. Zhangke choisit quatre autres réalisateurs, Chen Tao, Peng Tao, Lui Hong Qi, Han Jie, en créant un groupe qui se partage les villes présentes à l’exposition. La coordination des films offre le caractère conjoint de villes chinoises organisées et mouvantes, entre les pistes ancestrales et la jeunesse omniprésente, qui ne perdent rien de leur mystère après les projections.

Exposition «Dans la ville chinoise. Regards sur les transformations d’un
empire».

Centre de Culture Contemporaine de Barcelone (CCOB), rue Montalegre, 5 – Barcelone (métro L3).
Jusqu’au 22 février 2009

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