Langue

Le projet d’École 42 en cours de montage à Perpignan est largement salué et soutenu symboliquement ou financièrement par le monde économique et institutionnel du territoire, notamment la Chambre de Commerce et d’Industrie des Pyrénées-Orientales, la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole et la mairie. Le 15 novembre, celle-ci a acquis le bâtiment de destination, les Dames de France, pour 3 millions d’euros. Elle souhaite “redonner vie à l’ensemble de ce bâtiment afin qu’il devienne un lieu central pour notre jeunesse et le dynamisme économique de notre territoire”. Le maire, Louis Aliot, qui doutait de l’utilité d’un tel projet lors de son annonce, en est devenu défenseur.

La crainte d’une véritable approche libérale

La structuration, l’esprit, le statut et la  méthode pédagogique des Écoles 42 déplaisent à la Libre Pensée des Pyrénées-Orientales. Son président départemental, Roland Corominas, adresse une lettre ouverte aux élus du Pays Catalan pour dénoncer l’injection d’argent public dans ce centre de formation qui fonctionnera jour et nuit. “Pas d’argent public pour l’école 42 ! Pas d’argent public pour le privé !”, lance le mouvement, qui se réclame “de la raison et de la science”. Alors que le projet est promis à recevoir aussi le soutien du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales, de la région “Occitanie” et de Pôle emploi, la libre pensée 66 refuse que les collectivités puissent “verser des milliers d’euros de fonds publics à l’école patronale du richissime Xavier Niel”. Elle reste ”attachée au principe républicain du versement des fonds publics aux seules écoles publiques, pour un enseignement gratuit et qualifié, ouvert à tous, diplômés comme non diplômés”.

École 42 Vs Lycée Jean Lurçat

Le doute s’est installé chez les libre-penseurs – parfois rattachés à certaines branches de la franc-maçonnerie. Ceux-ci craignent la disparition des cursus qualifiants bien français, sanctionnés par des titres officiels. Ils citent Xavier Niel affirmant que “le diplôme n’a pas d’importance dans ce métier puisqu’à l’arrivée, les étudiants trouvent un job ». L’approche vraiment libérale caractérisant les écoles 42 est fustigée par les libres-penseurs, qui regrettent la disparition des notions de “métier, d’emploi, de situation ou de travail”. En contrepoint valant exemple positif, R. Corominas cite le BTS informatique du “Lycée Public Jean Lurçat de Perpignan”, qui constitue un “vrai diplôme, avec lequel les élèves trouvent aussi un emploi qualifié, alors que la grande majorité des écoles d’informatique sont privées”.

Un établissement non reconnue par l’Etat

Le réseau d’écoles 42 délivre un diplôme qui n’est pas reconnu par l’Etat, car ses établissements ne sont pas agréés par le ministère de l’Enseignement supérieur. Cette structure a été lancée en 2013 par le milliardaire français Xavier Niel, actionnaire principal du fournisseur d’accès à Internet Free et de l’opérateur de téléphonie du même nom, qui possède 49 % du groupe de presse Le Monde depuis janvier 2022. Les écoles 42 sont des établissements supérieurs d’autoformation qui visent à former, sur une période de 2 à 5 ans, un grand nombre de développeurs Internet. Le codage informatique constitue l’essentiel de l’apprentissage.

Partager

Icona de pantalla completa