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La Clau
L’aéroport de Girona, en chute de 34%, paie sa dépendance à Ryanair
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La « Ryanair-dépendance » pourrait menacer l’aéroport de Girona, qui ne faisait figure que de modeste tarmac provincial au début des années 2000. Dès 2003, sa croissance devenait spectaculaire, en lien direct avec l’arrivée des compagnies aériennes low cost, notamment Ryanair. Le nombre de passagers, passé de 557.187 en 2002 à 1.448.796 en 2003, n’a cessé d’augmenter jusqu’en 2008, avec plus de 5,5 millions. Des terrains ont même été achetés en vue de construire une seconde piste, parallèle à l’actuelle. Une irrésistible ascension intimement liée à la compagnie à la lyre, qui propose plus de cinquante destinations au départ de Vilobí d’Onyar et profite de l’attrait touristique de la Costa Brava et de Barcelone. D’ailleurs, le transporteur irlandais n’hésite pas à en faire un argument de poids en inventant le nom « Girona (Barcelona) Airport », malgré une distance de 90 km restant à parcourir jusqu’à la la capitale catalane.

Dans le même temps, les principaux concurrents de Ryanair, Air Berlin, EasyJet, Germanwings, Transavia, ont multiplié leurs rotations au départ de Barcelone-El Prat. Mais depuis septembre 2010, Ryanair s’y est également installée, et y propose déjà 24 vols, dont de nombreux doublons avec Girona qui a déjà perdu 7 destinations. Ces 3 derniers mois, l’aéroport de Barcelone a enregistré une progression mensuelle moyenne de 15,4%, alors que celui de Girona enregistrait une baisse de 16,3%, accentuée à 34,2% en novembre 2010. Ce chiffre est d’autant plus inquiétant qu’il est comparé à celui de novembre 2009, c’est à dire que ni l’activité saisonnière, ni la crise, ne suffisent à le décrypter. De plus, bien que l’aéroport de Girona n’ait jamais été spécialisé dans le fret, les résultats très modestes et irréguliers, de 142 à 494 tonnes annuelles entre 2000 et 2008, ont souffert en 2009 d’une chute spectaculaire, à seulement 71 tonnes. A ces chiffres alarmants s’ajoute le peu d’intérêt des compagnies traditionnelles pour le tarmac de l’Empordà, en raison de la non-rentabilité de sa ligne avec Madrid. Pour l’avenir, même si le projet « RyanAtlantic » de Ryanair prévoit d’éventuels vols à prix cassés vers les USA, au départ de Girona, le directeur de l’aéroport, Lluís Vila, se questionne sur l’opportunité de maintenir sa plateforme dans une simple « Ryanair-dépendance ».

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