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Au lendemain de la publication de chiffres pulvérisant tous les records de fréquentation touristique étrangère en territoire espagnol, les décideurs de la Costa Brava enfoncent le clou en tentant de séduire de nouveaux pays. Le 21 janvier, le ministère espagnol de l’Industrie, de l’Energie et du Tourisme a révélé pour 2013 la présence de 60,66 millions de touristes, à l’issue d’une progression de 5,6%. La crise a quitté ce secteur économique, dont le précédent record, en 2007, à la veille des difficultés, comportait 58,6 millions d’arrivées. L’Espagne retrouve sa troisième position mondiale et reste devancée par la Chine et la France, tandis que la Catalogne du Sud représente la principale destination ibérique choisie par les étrangers, au nombre de 15,58 millions, soit un quart du total. Pour conforter les acquis et développer ailleurs, le gouvernement catalan inaugurait ainsi, début janvier, une agence de tourisme permanente à Sao Paulo, afin de séduire le Brésil, la Colombie, le Pérou, l’Argentine et le Chili. Dans un panorama euphorique, que la ville Madrid ne partage pas en raison d’un recul de 5%, la Costa Brava fourbit de nouvelles armes, en insistant sur les nouveaux gisements, en détectant les émergences et en tentant de saisir la mondialisation des déplacements de loisirs.

Loin des plages, des sentiers forestiers pour les Asiatiques

La Chine constitue la cible première du Patronat de Turisme Costa Brava Girona, structure publique-privée qui tient lieu d’équivalent libéral d’un Comité Départemental du Tourisme, aux stratégies affûtées selon les prévisions socio-économiques mondiales. Car l’Empire du Milieu, dont la croissance atteindra 7,5% en 2014 et 7,3% en 2015 selon le Fonds Monétaire International (FMI), sera un pays émetteur de touristes aisés majeur dès 2016. Pour viser juste, le « Patronat » a ainsi passé commande à l’Université de Girona, fin décembre 2013, d’une étude fouillée décrivant les opportunités de croissance, sur son territoire, du marché chinois. Cet exercice d’adaptation aux désirs de l’autre, dans une quête d’alternatives au soleil et à la plage, comportera notamment des packages touristiques étonnants, comme les « sentiers forestiers thérapeutiques », appréciés des Asiatiques, programmés dans l’arrière-pays de la Costa Brava, étirée de Portbou à Blanes. Parmi d’autres, cette nouvelle formule s’érigera en alternative au soleil et à la plage, désormais associés au vulgaire tourisme low-cost, tandis que la progression enviable des escales de croisières dans les ports de Palamós et Roses garantit des retombées financières en conséquence. Mais cette bordure littorale réputée dans le monde entier depuis les années 1970 connaît aussi une fréquentation russe en hausse constante, assortie de situations nouvelles, comme l’existence de 6 hôtels à capitaux russes à Lloret de Mar. L’agence de promotion touristique, à l’aise dans sa remise en question permanente, affiche l’ambition d’exploiter les nouvelles mannes mondiales, tout en renforçant ses actions de promotion dans le Sud de la France, en effectuant de véritables frappes de communication ciblées, de Perpignan à Marseille et Toulouse, sur les villes reliées à Girona par le TGV lancé le 15 décembre 2013. Elle porte ainsi son budget 2014 à 4,8 millions d’euros, correspondant à une évolution de 2,4%, en affirmant un esprit conquérant et renouvelé, tout en préservant ses marchés habituels constitués par Israël, les pays de l’Est, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

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