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Pour tenter de coordonner les actions économiques de l’axe européen Perpignan-Girona, le Conseil Général des Pyrénées-Orientales et le gouvernement de Catalogne ont organisé ce jeudi les « Deuxièmes rencontres économiques de l’Eurodistrict », à Perpignan. Ce forum ambitieux a réuni des professionnels du Nord et du Sud du massif des Albères, en présence d’institutionnels, dans le but de d’éclaircir d’éventuelles complémentarités entre les territoires. La présidente du Conseil Général, Hermeline Malherbe a pu ainsi côtoyer Marc Bigas Bach, président du puissant parc scientifique et technologique de Girona, la direction de la « Petite et Moyenne entreprise » de Girona (PIMEC) ou encore le président de l’Union Patronale 66, Marc Espi et plusieurs délégués de la Chambre de Commerce et d’Industrie et de la Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Orientales. Cette journée, organisée en la salle Canigou de Perpignan-Sud, a permis de partager les chiffres essentiels sur l’économie des aires d’influence de Perpignan et de Girona, et de mieux saisir la difficulté de leur rapprochement.

Depuis le passage à l’euro, en 2002, les disparités entre le Nord et le Sud sont devenues évidentes en matière salariale et fiscale, mais également en matière de culture d’entreprise. En effet, la prépondérance de la fonction publique et la faiblesse du tissu industriel des Pyrénées-Orientales contrastent avec le Sud proche, libéral et indépendant des économiques subventionnées. Actuellement, la compénétration de ces deux cultures économiques, favorisée par l’ouverture européenne, révèle la grande problématique de l’hémorragie de clientèles du Roussillon vers les villes de La Jonquera, Figueres et Girona, tout autant que les difficultés des entreprises du Roussillon à exister sur le marché du Sud, compte tenu de coûts de production supérieurs. Au chapitre de l’emploi, l’émergence d’un bassin commun entre les deux territoires reste anecdotique, en comparaison aux relations transfrontalières France-Allemagne et France-Suisse. Selon le géographe Jean-Pierre Gensane, présent ce jeudi, une « faible mobilité transfrontalière » caractérise l’axe Perpignan-Girona, où seulement « 700 personnes du Nord sont habituées à passer quotidiennement Le Perthus pour aller travailler au Sud, contre 20.000 personnes entre la France et la Suisse ». Cette journée économique faisait suite à une première rencontre portant sur l’Espace Catalan Transfrontalier, organisée le 18 juin dernier sur le thème du transport de marchandises, en présence de 80 professionnels.

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