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La concurrence des entreprises artisanales dont le siège social est établi en Catalogne du Sud est devenue évidente en Catalogne du Nord lors de la dernière décennie, à la faveur de la monnaie unique. Cependant, aucun chiffre tangible n’avait été rendu public au sujet de ce problème, jusqu’à cette année 2011. Mais le silence est rompu depuis ce vendredi par le contenu d’un article, visiblement anodin, publié par le journal La République des Pyrénées. Le titre édité à Pau, dans les Pyrénées-Altantiques, établit un comparatif judicieux avec les Pyrénées-Orientales, en vertu d’une situation frontalière comparable, dans un cadre de compétition avec l’économie de droit espagnol. Concrètement, le président de la fédération du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) basque et béarnaise, Christian Poyer, craint de subir la situation vécue par les « homologues des Pyrénées-Orientales, qui ont vu les Espagnols s’approprier 35% du marché local ». Cette proportion est nettement supérieure dans les régions montagneuses de Cerdagne et du Capcir, catr celles-ci forment une unique entité géographique avec la Cerdagne sous administration espagnole.

Proche de l’exemple atlantique, l’exemple de la partie méditerranéenne des Pyrénées françaises peut ainsi avoir à souffrir d’une « guerilla des prix », selon M. Poyer. Les avancées européennes, qui confrontent plusieurs modèles économiques, et des coûts du travail disparates, constituent ainsi un recul pour le BTP nord-catalan, en dehors de quelques exemples isolés. En effet, à l’issue d’une bonne decennie de mise en place empirique d’une économie transfrontalière, à sens unique dans ce secteur, aucune convention institutionnelle ne vient adoucir le dangereux phénomène. La société de démolition, terrassement, sablières et carrières Vaills, établie dans la région du Vallespir, constitue l’exception au sein de ce large mouvement défavorable aux entreprises de droit français. Dotée d’un second siège en Catalogne du Sud, cette entreprise engagée dans de grands réalisations participe depuis plusieurs années à l’élargissement de l’autoroute AP-7 dans la province de Girona. Mais à l’inverse, l’un de ses concurrents, Belmonte, établi à 10 km de Girona, tend à conquérir avec beaucoup plus de facilité des marchés routiers décisifs en Pays Catalan de France.

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