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Renouveler la scène musicale est le pari engagé par l’artiste Joan-Llorenç Solé, bientôt 32 ans, dont la voix de baryton détonne dans un panorama dominé par les voix medium et haut-perchées. Formé au Conservatoire de Toulouse dans les années 1990, puis musicien de cobla professionnel, le plus jeune des artistes catalanophones des Pyrénées-Orientales, auteur d’un premier album en 2008, sort ce dimanche un deuxième opus, « I si l’amor fos un conte… » (et si l’amour était un conte), sentimental et écartelé entre des rythmes endiablés et solennels. Le cadet des auteurs-compositeurs de sa catégorie s’offre la participation du doyen, Jordi Barre, qui vient de fêter 90 ans. Cette alliance illustre la panne générationnelle de la chanson catalane du Nord, dont les figures, virtuellement nombreuses, sont plongées dans le sommeil, faute de marché. A titre symbolique, 2010 est l’année des 60 ans de Pere Figueres et des 55 ans de Gérard Jacquet, personnalités majeures de ce panorama, devenues très discrètes. La mouvance des chanteurs nord-catalans, éclose à la fin des années 1960 puis boostée à la fin de la décennie suivante, vit une cruelle fin de cycle, à l’inverse de la chanson française, sud-catalane ou anglo-saxonne.

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