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A la faveur de manques financiers, le Football Club Barcelone a franchi le rubicon, cette semaine, en acceptant de faire figurer un sponsor sur les maillots de ses joueurs. Ce lundi, le club signera un accord avec Qatar Foundation, et obtiendra le contrat d’annonceur le plus cher du monde dans le domaine du football, après 111 ans de fonctionnement en marge des processus publicitaires habituels. Le président du Barça, Sandro Rosell, s’attaque ainsi au symbole de la liberté sans publicité, qui faisait jusque-là partie d’un esprit, d’un mode de pensée et d’une tradition. Après l’annonce selon laquelle une fondation établie dans un pays à l’économie décriée fournira 33 millions d’euros par saison au club phare, les « socis » du Barça se déclarent largement outrés, tandis que 70% des sud-Catalans se prononcent contre l’arrivée d’un quelconque annonceur, selon un sondage effectué par la station publique Catalunya Ràdio.

Les maillots du Barça arborent actuellement le logo de l’Unicef, qui octroie aux footballeurs catalans l’image d’une grandeur d’âme enviable, en échange de 2 millions d’euros versés annuellement par le club à l’agence onusienne consacrée à l’enfance. La présence d’autres parrainages sera d’ailleurs compatible à celle-ci, selon la stratégie de l’équipe Rosell, qui a choisi une fondation qui oeuvre pour l’éducation, la recherche et le développement, et non pas une vulgaire marque. Selon la direction du Football Club Barcelone, cette révolution, qui prend des allures de fait de société, est indispensable pour maintenir le club au plus haut niveau. Ce samedi, le très respecté Pep Guardiola, entraîneur du Barça, a défendu ce changement de poids en indiquant au sujet de l’apparition d’un nouveau logo sur les maillots blaugrana, « c’est nécessaire au Barça ». Guardiola, qui a vécu et joué deux ans au Qatar, a tenté de calmer les plus réticents, prompts à dénoncer l’intervention en Catalogne des pétrodollars d’un pays où les femmes sont infériorisées.

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