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Le spectre de la deuxième division, qui guettait l’USAP depuis plusieurs mois, s’est présenté à visage découvert ce samedi 3 mai. Vaincu par Clermont sur un résultat de 25 à 22, le club sang et or quittera l’élite nationale dès la prochaine saison, après un effondrement survenu cinq ans après sa victoire en Top 14. L »équipe avait frôlé cette éventualité en 1949 et en 1964, cette deuxième fois avec des problèmes de gestion interne et financière. Ce scénario s’est reproduit depuis le début de l’actuelle décennie, marquée par une certaine perte de repères sportifs. Onzième du Top 14 cette saison, le budget de l’USAP s’est élevé à 14,95 millions d’euros, mais il s’abaissera à 10, voire 8 millions en Pro D2. Un maigre espoir repose sur le « New Deal » de son ancien patron, actuel président de la Ligue Nationale de Rugby (LNR), Paul Goze. Celui-ci souhaite avantager le rugby professionnel français en redistribuant 60 % des droits télévisés aux clubs du Top 14 et 40% à ceux de la Pro D2. Par ailleurs, les équipes reléguées, parmi lesquelles figure l’USAP, recevront une prime d’accompagnement de 500.000 euros. Cette maigre compensation complétera l’engagement du président de l’USAP depuis juillet 2013, François Rivière, qui a investi depuis de 3,2 à 4,2 millions.

Paul Goze : « J’ai ma part de responsabilité »

La dégringolade de l’USAP amplifie le murmure sourd du nom de Paul Goze, dont la présidence du club, de 2007 à 2012, n’a pas suffi à l’exigence de croissance et d’alignement sur les critères du professionnalisme. La spirale de l’échec progressif a pris le club en 2009, soit 14 ans après le début de son étape professionnelle, jalonnée en 1998 par sa transformation en société anonyme à objet sportif, puis l’arrivée de Marcel Dagrenat au poste de président du conseil d’administration, en 2000. L’USAP, transformée en 2002 en société anonyme sportive professionnelle, a touché la maturité, accueilli des stars de l’hémisphère sud, modernisé le Stade Aimé Giral et inauguré sa première boutique. Ce changement d’échelle n’a pas profité de l’accompagnement nécessaire, la courbe ascendante a fléchi, avec pour alerte rouge le départ de son capitaine Nicolas Mas, pour Montpellier, début 2013. Cet épisode a ouvert une saignée du club, en esprit et en hommes, tandis que le départ de Paul Goze pour la présidence de la LNR, en novembre 2012, était un premier signal. « Je suis obligatoirement concerné (…) J’ai ma part de responsabilité », déclarait ce dernier le 30 avril sur RMC Sport.