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Le héros déchu du cyclisme Lance Armstrong a séjourné à quelques encablures du Roussillon entre 2001 et 2005, pour des motifs réels différents des raisons officielles. Visiblement attiré par la qualité des parcours cyclistes des régions du Gironès et de l’Empordà, le sportif américain aurait surtout trouvé en Catalogne du Sud une discrétion inenvisageable ailleurs. Suivi par plusieurs membres de son entourage sportif, aux côtés des coureurs Floyd Landis, Levy Leipheimer, George Hincapie et Christian Vandevelde, le sujet du « dopage le plus sophistiqué de l’histoire », d’après l’agence américaine antidopage USADA, qui a transmis ses recommandations à l’Union Cycliste Internationale (UCI), s’est même lié d’amitié avec le maire d’alors, Joaquim Nadal. Mais son appartement, situé en contrebas de la cathédrale, s’avère avoir servi à une théâtralisation, car cette résidence outre-Pyrénées, aisément accessible par un aéroport international, permettait d’éviter les contrôles anti-dopage. Par le biais de vols privés, le coureur texan a pu transporter sans encombres des valises de produits illicites. Après avoir déménagé de Nice avec sa famille, le septuple vainqueur du Tour de France a profité d’une législation espagnole moins sévère que les règles françaises en matière d’utilisation de substances tendancieuses.

Dans des frigos, du sang à transfuser

Ces conclusions, induites par un rapport de 1000 pages fourni par l’USADA, sont également fondées sur l’obsession du coureur envers la conservation, dans ses frigos branchés dans son appartement, de sang voué à des transfusions illégales. La région de Girona étant soumise, à cette époque, à de fréquentes coupures, le champion a manifesté plusieurs fois son inquiétude, qui concernait en réalité la détérioration de cette matière secrète, faute de réfrigération. En outre, la position géostratégique de Girona se révèle être majeure dans l’affaire mise au jour, car le médecin d’Armstrong, Luis García del Moral, son directeur sportif, Johan Bruyneel, et son préparateur physique, Pepe Martí, vivaient tous trois à València, dans une continuité géographique, sans frontières ni contrôles. Précédemment, en 2010, un témoignage de Floyd Landis révélant des séances de dopage à Girona en compagnie de Lance Armstrong avait été catégoriquement nié par ce dernier.

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