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L’avocat d’affaires Joan Laporta, président du Football Club Barcelone de 2003 à 2006, a officialisé le 11 juin son intention de reconquérir le poste suprême lors des élections internes de 2016. Critique envers la gestion et les stratégies du président actuel, Sandro Rosell, candidat à sa propre succession, Laporta, 51 ans, espère attirer une opposition structurée sur son nom, mais son rival prépare une réforme des statuts du Barça afin de renforcer son mandat. Le quorum nécessaire à la mise en place d’un vote de censure, établi à 5 % des membres dans l’actualité, passerait à 15 % et entraverait l’expression d’une voie alternative.

La publicité sur les maillots ne passe pas

Depuis sa fondation, en 1899, le Barça se refusait à affubler les maillots de ses joueurs de messages publicitaires commerciaux, et préférait, lors de ses dernières années fastes, porter la mention solidaire Unicef. Mais en septembre 2011, sous la présidence de Sandro Rosell, le club a signé un accord historique de 30 millions d’euros par an avec Qatar Sports afin d’adopter un logo « Qatar Foundation ». Le tabou étant rompu, le principe d’un message publicitaire de Qatar Airways, ouvertement commercial, a été validé en mars 2013, tout en suscitant un véritable débat de société en Catalogne, après de longues années d’affirmation d’une éthique saluée dans le monde entier.

Laporta n’accepte pas le départ de Guardiola pour le Bayern

Espérant capitaliser la rancoeur populaire, Joan Laporta, crédité de 20 % des intentions de vote, avance aussi des considérations sportives, en regrettant les départs du joueur Eric Abidal et de l’entraîneur Josep Guardiola, qui prendra des fonctions semblables auprès du Bayern Munich le 24 juin. Lancé en politique en 2010, brièvement député du Parlement de Catalogne, furtivement leader du parti indépendantiste Solidaritat Catalana et élu municipal de Barcelone jusqu’en 2015, l’ancien président dirige une société d’organisation d’événements sportifs sise à New York. Mais son regard est happé par le Barça, tandis que son éloignement de la chose politique est prévu pour 2015. Début 2014, le vote sur la construction d’un nouveau stade remplaçant le Camp Nou, à l’étroit malgré une capacité d’accueil de 99.354 spectateurs, donnera une visibilité supplémentaire à l’ancien leader. L’actuel président Rosell souhaite un chantier amorcé en 2015 pour une livraison en 2020, et fixe le défi de conserver « l’esprit » du stade actuel, tout se félicitant de 70 % de bénéfices publicitaires en plus depuis son arrivée. Pour Laporta, lui-même affairiste, il s’agira de jouer sur l’âme et la vertu du club, dans un savant équilibre.

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