Langue

Alors que ce dimanche, Barcelone célébrera sa consultation sur l’indépendance de la Catalogne, la catalanité est un argument efficace pour attirer le public au match USAP-Toulon. Parmi la liste des bonnes raisons pour assister à la fête du rugby catalan, le site Internet de l’événement met en avant des arguments liés à la langue et à la culture catalanes. On y retrouve les castellers, la chanson l’Estaca, le rapprochement entre le Barça et l’USAP, le soutien au rugby sud-catalan à travers la section rugby du FC Barcelone créée en 1924, ainsi que les couleurs de l’USAP, dont on retient davantage le sang et or que l’historique blanc et azur. A Perpignan, ce match aussi est également perçu comme un sommet de la catalanité. Le maire, Jean-Marc Pujol, qui vient pourtant de retirer la mention «La Catalane» à Perpignan, distribuera vendredi matin, à l’Hôtel de Ville, des drapeaux sang et or. Des drapeaux catalans sur la rambla de Barcelone ne représentent rien d’original, mais, lorsqu’ils sont agités pas des Catalans qui s’expriment dans la langue de Molière, ils participent d’un fait insolite. La dernière occasion du genre s’est produite en juin 2009, à l’occasion de la défaite des Dragons Catalans face à Warrington, lors d’un match de Superleague anglaise, également au Stade Olympique de Montjuïch. Ce samedi, sur les 47.000 Catalans installés dans le stade, deux-tiers seront du Nord et un tiers sera du Sud.

Mourad Boudjellal, le président du Rugby Club Toulonnais (RCT), affirme « s‘il y a une morale dans la vie, ce match est pour l’USAP, les Catalans, ils l’ont pensé, rêvé », à moins que l’histoire ne se répète et que Toulon, vainqueur cette saison à Aimé Giral, reste la bête noire de l’USAP. En 1993 et 1996, pour le compte des phases finales du championnat, l’USAP avait été battue à chaque fois d’un point par Toulon, au stade des Costières à Nîmes. En revanche, l’USAP a déjà empoché le bonus financier, car ce match à guichet fermé lui rapportera entre 400.000 et 500.000 euros, selon Paul Goze, Président du club. De quoi compenser les 400.000 euros de manque à gagner, en cas de non-qualification pour la prochaine édition de la Coupe d’Europe.