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Une mobilisation de la jeunesse d’Espagne, en cours depuis lundi soir, attire une participation croissante à Madrid et à Barcelone. Dans la capitale espagnole, 2000 « indignés » ont passé la nuit de ce mardi à ce mercredi sur la Plaza del Sol, tandis que la Plaça de Catalunya, à Barcelone, a rassemblé quelque 300 personnes. Ces mobilisations, convoquées par une association intitulée « Démocratie réelle, maintenant ! », concernent des jeunes, des employés de conditions modestes, ou encore des demandeurs d’emploi d’âge mûr, et des femmes. Elles s’accompagnent dans la journéed’interruptions de la circulation sur les grandes avenues, occasionnées par plusieurs milliers de manifestants. Plus ou moins exclus d’un système économique et politique qu’ils souhaitent avertir, dans un contexte de chômage écrasant, les manifestants annoncent leur présence sur les places occupées, jour et nuit jusqu’à dimanche, journée d’élections municipales, et gouvernementales, dans la plupart des régions autonomes, à l’exception de la Catalogne.

Cette « spanish revolution » a fait l’objet de plusieurs évacuations des places occupées, par les services de police, mais en vain, la détermination des participants correspondant à une lame de fond sociale. Organisé grâce aux réseaux Internet Twitter et Facebook, ce mouvement dispose même de ses services de nettoyage des lieux, de communication vers la presse, et de contrôle de la consommation d’alcool. De même, à Madrid, des matelas et des coussins, à même le sol, permettent de passer les nuits sans difficultés, tandis que des habitants et des restaurateurs alimentent les protestataires. Pour amplifier l’impact souhaité, dans les capitales, les organisateurs, qui sur une autogestion efficace, fournissent même des conseils logistiques à leurs homologues des villes moyennes. Les difficultés économiques et morales de l’Espagne, qui s’expriment ainsi dans la rue, donnent lieu à une clameur d’un tout nouveau genre, dans une exigence de transparence des affaires publiques. Ce mercredi, en Catalogne, ce mouvement s’est étendu aux villes de Lleida et Vic, après avoir été comparé par la BBC à la version égyptienne du printemps arabe.

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