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La mère d’un enfant disparu le 14 décembre 2017 lors du choc entre un car scolaire et un train, à Millas, met en cause la SNCF et la mécanique médiatique. Sandra Chinaud, mère du petit Teddy Delample, décédé à l’âge de 11 ans, affirme que « beaucoup de choses se disent dans les médias. Des spéculations qui me semblent erronées et auxquelles je ne veux pas être associée ». Elle ajoute « Je ne comprends pas ces déballages alors que l’enquête ne fait que débuter. Je ne veux pas qu’elle soit bâclée pour qu’on trouve un coupable ». Interrogée le 1er avril par le Parisien, la maman estime que l’accident induit « plusieurs responsabilités ». Elle juge que la conductrice, « coupable toute trouvée » mise en examen dès le 20 décembre, est responsable par définition, mais qu’elle n’est pas seule dans ce cas.

Le résumé médiatique pointé du doigt

Selon les affirmations de Mme Chinaud, on assisterait à un schéma de « pot de terre contre le pot de fer face à la SNCF », car les témoignages recueillis au sujet de la barrière de la voie ferrée concernée, levée ou baissée, « sont contradictoires : c’est 50/50 ». Son avocat, Me Eric Moutet, estime que sa cliente perçoit « un enchaînement de causes et de responsabilités (…) et pas forcément une cause unique ». Loin de la nuance et de la pluralité des causalités, le drame de Millas se heurte ainsi aux effets produits par la tendance au résumé. Celle-ci reste caractéristique des titres de journaux – web inclus -, aux breaking news des chaînes de télévisions, aux tweets et aux slogans de l’information radiophonique.

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