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Le docteur Jean-Francois Baissas, établi à Saint-Estève, a décidé de refuser les visites au domicile de patients non-vaccinés contre le Covid-19. Ce généraliste, qui exerce depuis 1981, affiche ce choix sur la porte de son cabinet depuis vendredi 14 janvier : “Pour protéger ses patients, le Dr ne fait plus les visites à domicile pour les personnes non vaccinées au Covid-19”. Cette mesure ”très bien accueillie par les patients”, selon son auteur, interroge la profession, au travers de la publication de référence “Le Quotidien du médecin”. Le rebelle y rebelle explique décision : “Au domicile des personnes contaminées, je n’ai pas de moyens de stériliser le matériel, de changer les vêtements à chaque patient pour aller ensuite en maison de retraite avec le risque de contaminer les personnes âgées”. Le médecin convie les patients non vaccinés à se rendre à son cabinet pour être soignés, car “dans le cabinet, on peut désinfecter après chaque passage”. Il ne s’agit donc pas d’une stratégie personnelle d’opposition aux opposants au vaccin, mais d’une attitude visant à casser la chaîne de contamination.

Des risques professionnels modérés

Dans cette situation, la possibilité de remontrances exprimées par le Conseil national de l’Ordre des médecins est nulle. Le Dr Baissas considère que son refus n’est pas radical, puisqu’il ne refuse pas de traiter les patients qui ne se sont pas prêtés aux injections : “je leur donne immédiatement un rendez-vous au cabinet”. Ce cas de figure n’illustre pas un refus de soins, mais le praticien ne jouera pas les résistants en cas de problème : “s’il y a une plainte ordinale, je prendrai tout de suite ma retraite”, lance ce généraliste âgé de 66 ans.

Il existe des positions plus radicales

Le cas du Dr Baissas est le seul identifié en Pays Catalan, mais il n’est pas isolé en France. Du 15 au 17 décembre 2021, un médecin de Bourgogne-Franche-Comté a carrément refusé de recevoir les patients non-vaccinés dans son cabinet, en dehors des cas d’urgence absolue. Il a dû supprimer cette mesure après avoir reçu un coup de téléphone du Conseil de l’Ordre des médecins. L’affaire reste ambiguë, le ministère de la Santé soulignant que “tout médecin qui se trouve en présence d’un malade ou d’un blessé en péril ou, informé d’une telle situation, doit lui porter assistance ou s’assurer qu’il reçoit les soins nécessaires”.

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