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Le gouvernement espagnol a officialisé le 13 juillet un nouveau plan d’austérité de 65 milliards d’euros, qui constitue la plus forte mesure de réajustement engagée depuis la mort du général Franco, en 1975. Avec un long catalogue de mesures applicables jusqu’à fin 2014, l’exécutif de Mariano Rajoy engage une restructuration de l’administration, qui passe par une hausse de la TVA au 1er septembre. Par conséquence, les produits touristiques, les places de cinéma ou encore le tabac et les tarifs des coiffeurs feront l’objet d’augmentations. En matière salariale, le 13e mois perçu par les fonctionnaires sera éliminé, tandis que l’impôt sur le revenu des auto-entrepreneurs sera majoré de 6%, pour atteindre 21%. Ce nouveau dispositif, qui s’ajoute au plan 2012, comportant une économie de 27,3 milliards d’euros, faisait dire à la porte-parole du gouvernement espagnol, Soroya Sanz Santamaria, que son pays « traverse des moments parmi les plus difficiles et dramatiques de son histoire ». Ce plan draconien comportera aussi, dès le 1er janvier 2013, la suppression de la déduction fiscale habituelle prévue pour l’acquisition d’un logement. Cette réforme, adoptée en Conseil des ministres, en accord avec le roi d’Espagne, Juan Carlos, comporte la réduction de 30 % des effectifs des conseils municipaux dès les élections municipales de 2015, dans le cadre d’un objectif de management inspiré du secteur privé.

Face à l’Espagne, la Catalogne envisage de saisir l’Europe

La nouvelle Espagne ébauchée par ce plan d’austérité irrite le gouvernement catalan, d’autant que les intentions du ministre espagnol du budget, Cristóbal Montoro, vont plus loin. Le 11 juillet, celui-ci prévoyait une intervention directe dans le resserrement budgétaire de huit communautés autonomes, dont la Catalogne. Ces territoires perdraient leur marge de flexibilité pour le reste de l’année courante et verraient leurs dépenses sévèrement contrôlées par l’autorité madrilène en 2013 et 2014. L’Andalousie, la Catalogne, les Asturies et les Îles Canaries ont refusé cette idée, le 12 juillet, face à une obligation de déficit de 0,7 % en 2013, en remplacement d’une marge de 1,1 % évoquée jusque-là. Le gouvernement catalan, dirigé par la coalition de centre-droit Convergence et Union perçoit cette stratégie comme une véritable violation de ses affaires. Pour preuve, son ministre-conseiller de l’Economie, Andreu Mas-Colell, engagé, plus tôt que l’Etat, dans des coupes budgétaires propres à la Catalogne, lançait « Si l’Etat intervient dans les finances de la Catalogne, nous demanderons audience à l’Europe » et ajoutait « M. Montoro ne me fait pas trembler ».

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