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Plusieurs dizaines d’élus et fonctionnaires de la mairie de la ville industrielle de Sabadell, dans la banlieue de Barcelone, sont suspectés de corruption urbanistique grave suite à l’ouverture d’une enquête judiciaire, le 25 novembre, par le juge d’instruction n°1 du tribunal de cette même ville et le procureur anti-corruption. La mairie de Sabadell, fief du Parti Socialiste Catalan (PSC), au pouvoir au gouvernement catalan de 2003 à 2010, a fait l’objet d’une perquisition de grande envergure, élargie à 41 entreprises et 15 domiciles particuliers. La fraude présumée aurait consisté au versement, par plusieurs sociétés, de sommes d’un minimum de 120.000 euros, permettant à leurs dirigeants de jouir d’un accès privilégié aux marchés publics. Ces liquidités auraient été distribuées entre élus et agents municipaux, l’autre volet de cette opération consistant en des surfacturations, à hauteur de 3 %, restitués en liquide auprès d’un cabinet d’avocat dont on ignore la destination choisie pour ces fonds « au noir ».

Le secret de l’instruction étant appliqué, les informations filtrées font état de 12 personnes en détention et 26 autres mises en examen, dont le maire socialiste de Sabadell, Manuel Bustos, plusieurs chefs d’entreprises membres du PSC, comme le parlementaire catalan Daniel Fernàndez, ainsi que différents membres d’autres partis politiques, comme Jordi Soriano, ancien conseiller municipal, membre du très droitier Partido Popular. Alors que MM. Bustos et Fernàndez bénéficient du soutien du président du PSC et maire de la ville voisine de Terrassa, Pere Navarro, l’enquête progresse, au travers de nouvelles perquisitions, notamment dans les locaux municipaux de Montcada i Reixac, autre fief socialiste. Cette affaire pourrait déboucher sur l’un des plus grands scandales de corruption politique en Catalogne.

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