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La surpopulation chronique au centre pénitentiaire de Perpignan, à 130 %, dépasse la moyenne française de 117,3 %, proportion historique révélée fin juillet 2012. Les 538 places disponibles en Roussillon, pour une réalité de 700 détenus, suscitent une problématique supérieure au malaise général, illustré par 63.373 détenus pour 57.403 places. Le 7 août, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a tempéré le projet de doubler le nombre de Centres Educatifs Fermés inclus dans le programme présidentiel de François Hollande. La ministre préfère une extension mesurée, en réduisant le nombre de 18 ouvertures sur plusieurs années, dont 4 en 2012, prévues par son prédécesseur, Michel Mercier. A Perpignan, la surpopulation de la maison d’arrêt atteint 210 %, obligeant le recours à 41 matelas installés à même le sol, tandis que le quartier des mineurs héberge 17 jeunes pour un plafond légal de 12. La suroccupation de la maison d’arrêt des femmes s’est partiellement résorbée depuis début 2012, mais l’inquiétude s’accumule chez les personnels, soumis à de fortes tensions, parfois des agressions, et, plus généralement, un sous-effectif associé à des charges de travail nouvelles.

Le quotidien à Perpignan dépend de l’approche gouvernementale

Les intentions de Christiane Taubira, pour laquelle « le taux de remplissage des prisons n’est plus seulement inacceptable, il est dangereux », concernent d’autorité le Pays Catalan. Les priorités ministérielles, précisées en septembre, ne concevront plus la prison comme “seule réponse” à la politique pénale et encourageront les solutions alternatives, penchées sur les structures “ouvertes” et la “pédagogie”. L’efficacité de cette approche sera mise à l’épreuve, pour une nécessaire décrue carcérale du Roussillon, Mme Taubira revendiquant être “sensible au milieu ouvert pour une réalité simple : 80% de non-récidive”.

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