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Le premier « mariage homosexuel » organisé en Pays Catalan, le 12 novembre prochain, n’aura d’autre valeur que symbolique, en vertu du dispositif légal en vigueur en France. S’il semble s’agir d’une action médiatique nationale imaginée par le maire communiste de Cabestany, Jean Vila, qui entend unir deux hommes qui ne résident pas dans sa commune, un débat s’ouvre sur le territoire, comme le souhaite son initiateur, sur la question de l’union matrimoniale des personnes de même sexe. Dans un communiqué au style vif, transmis samedi, le principal lobby homosexuel du Pays Catalan, « LGBT 66 » se « félicite dans un premier temps » de l’annonce formulée début août par M. Vila, mais enfonçait le clou sociétal en décrivant un simple « mariage factice ». L’association, basée à Perpignan, est réticente à l’idée folklorique d’une cérémonie, théâtrale par force, qui s’ajoutera cependant aux pressions pour un changement de la législation. En ce sens, ses représentants tentent d’élever le débat sur le champ de la citoyenneté, et se réjouiraient de « pouvoir affirmer que nous sommes tous égaux face au Droit ». Fondé sur la « neutralité politique », LGBT précise que les « positions individuelles au delà des clivages politiques » sont régulièrement à la source de prises de position pour le mariage homosexuel.

Le débat français sur le mariage entre personnes du même sexe divise les partis politiques en leur sein, un sondage réalisé par l’Insee en 2010 révélant que 34% des français de droite y sont favorables, contre 71% des français de gauche. Les appareils partisans adopteraient ainsi des positions de façade, grossièrement scindées entre une gauche favorable et une droite opposée. Ainsi, en juin dernier, les quatre députés du Pays Catalan, membres de l’UMP, se prononçaient en défaveur de l’union matrimoniale citée. Par ailleurs, un sondage TNS-Sofres rendu public en janvier dernier précise que 58% des Français sont pour, tandis que 35 % s’y opposent.

Face à d’évidentes hypocrisies, LGBT 66 interpelle les candidats aux élections sénatoriales du département des Pyrénées-Orientales, c’est-à-dire principalement le sortant centriste Jean-Paul Alduy, du parti Radical associé à l’UMP, François Calvet, présenté par l’UMP, et le sans étiquette Christian Bourquin, proche du Parti Socialiste. Visiblement sans a priori, l’association souhaite « connaître la position des grands électeurs et des candidats à la haute assemblée sur le mariage homosexuel ». A l’échelle de la France entière, cette interrogation peut ébranler les partis politiques traditionnels, au regard d’opinions intimes inversement transposées dans le champ public.

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