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Un vaste scandale d’espionnage politique révèle ses détails depuis lundi 11 février à Barcelone, dans un grand enchevêtrement d’intérêts. Cette affaire a débuté par la révélation de l’existence de l’enregistrement d’une conversation entre la présidente du Partido Popular de Catalogne (PP), Alícia Sánchez Camacho, et Victoria Álvarez, ancienne compagne de Jordi Pujol Ferrussola, fils de l’ancien président du gouvernement catalan, Jordi Pujol, fondateur du parti politique Convergence et Union (CiU). Le commanditaire de ce document réalisé en juillet 2010 dans un restaurant de Barcelone par l’agence de détectives Método 3 serait l’ancien secrétaire de l’organisation du Parti Socialiste de Catalogne (PSC), José Zaragoza, selon le quotidien El Mundo du 12 février. L’obtention d’informations sur le financement de CiU, parti nationaliste catalan majoritaire, semble être l’intention de cet acteur politique adversaire de CiU et du PP.

500 dossiers constitués sur des personnalités

En une semaine, la police espagnole a débusqué 500 dossiers constitués sur des personnalités politiques, selon des méthodes illégales parfois appliquées pendant plusieurs années. Différentes sources proches de l’enquête précisent que des journalistes, juges et dirigeants économiques ont également été victimes de système, principalement porté sur les partis politiques CiU, PP et PSC. Des interrogations persistent sur l’identité d’autres commanditaires de cet espionnage, qui a notamment visé l’ancien président du gouvernement catalan, José Montilla, l’actuelle vice-présidente, Joana Ortega, l’ancien leader indépendantiste Josep Lluís Carod-Rovira et le haut dirigeant de CiU Felip Puig. La crainte exprimée par le gouvernement espagnol, est une diffusion de ces dossiers sur un mode de type Wikileaks, pouvant déstabiliser l’architecture politique. Pour sa part, le 17 février, le porte-parole du gouvernement catalan, Francesc Homs, signalait la révélation soudaine de ces procédés comme une manoeuvre du gouvernement espagnol visant à ôter sa crédibilité au processus souverainiste catalan.

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