Langue

Discrètement, une stèle en mémoire des 463 soldats allemands morts au camp de Rivesaltes entre 1945 et 1946 a été inaugurée sur les lieux, le 25 mai dernier. Etaient présents l’ambassadeur d’Allemagne en France, Nikolaus Meyer-Landrut et Beate et Serge Klarsfeld, militants anti-nazis, Hermeline Malherbe, présidente du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales et Guy Esclopé, conseller régional de la région « Occitanie », élu du Pays Catalan. La préfecture des Pyrénées-Orientales n’était pas représentée, tandis que la presse nationale évitait ce précédent.

Les nazis, des victimes comme les autres ?

La stèle, unique en territoire français, jouxte les monuments d’hommage aux républicains espagnols, Juifs, Tsiganes et Harkis internés dans le camp. Elle est l’initiative de Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles de déportés juifs de France. Mais elle interroge l’universitaire Nicolas Lebourg, fréquemment présent dans les médias parisiens à propos de l’extrême droite française et européenne. « La mise à niveau – parmi la variété des catégories de prisonniers – ndlr – paraît incroyable, et la discrétion de l’inauguration du nouveau monument souligne combien le sujet est sensible », soulignait l’intéressé dans le magazine Slate.fr, le 22 juillet. Cet auteur militant exprimait l’embarras national quant à d’éventuels hommages à caractère général envers les troupes nazies : « Si l’on va à Rivesaltes se recueillir devant la stèle des juifs, des Espagnols, des Tziganes, la tête s’inclinera maintenant aussi pour des soldats nazis ».

Partager