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La tradition républicaine développée depuis plusieurs décennies dans les Pyrénées-Orientales est nouvellement perpétuée, ce mardi 3 mai. Le préfet du territoire, Jean-François Delage accueille à 9h, à Perpignan, une « présentation des cerises primeurs de Céret à destination de la Présidence de la République », selon le service communication des services de l’État en Pays Catalan. Ces fruits primeur, dont la mise en circulation précède la Fête de la cerise, organisée cette année les 28 et 29 mai, consacreront une nouvelle fois la ville de Céret comme capitale de la cerise en territoire français. Principalement résumée aux variétés Burlat, Starking et Bigalise, la récolte 2011 s’annonce relativement abondante, grâce à des conditions climatiques marquées par la stabilité. Cependant, le tonnage global produit dans le terroir cérétan a été divisé par dix en 50 ans. Avoisinant parfois 7000 tonnes dans les années 1940 et 1950, puis 4000 tonnes dans les années 1960, la production, partiellement centralisée par la coopérative Céret Primeurs, peine actuellement à dépasser le seuil de 300 tonnes, et chute parfois à 120 tonnes.

La livraison de cerises à la Présidence de la République, effectuée par avion, a autant concerné François Mitterrand, que Jacques Chirac et Nicolas Sakozy. Cette coutume aux contours monarchique vient à prolonger les grandes années de la cerise de Céret, aujourd’hui concurrencée par les fruits en provenance du Maroc, du Chili ou de Turquie, présents en territoire français, pour certains, dès la fin du mois de mars. Ceret, devenue capitale française de la cerise dans la décennie 1930, défend cependant ses couleurs, après avoir dépassé le siècle de pleine exploitation de la cerisiculture. Cette activité agricole est en effet apparue tardivement, autour de 1900, dans une stratégie de reconversion agricole basée sur l’exploitation de terres impropres aux autres cultures.

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