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En janvier dernier, le Journal du Dimanche jetait un pavé dans la mare socio-politique de Perpignan. Le quartier Saint-Jacques était qualifié de «ghetto» par le titre parisien, qui posait son constat amer et implacable en additionnant les cartes des Zones de Sécurité Prioritaire (ZSP), de rénovation urbaine et d’écoles accueillant des enfants en difficultés. Un nouveau regard est fourni par les statistiques des revenus médians, publiées en avril par l’Insee. Ces chiffres positionnent Saint-Jacques comme quartier le plus déshérité de France, avec 2124 euros par habitant et par an, un record national. Ses voisins de La Réal et Saint-Mathieu affichent 5917 euros et 6621 euros, mais le quartier du Haut-Vernet ne présente que 2937 euros.

177 euros mensuels à St-Jacques, 189 en Bolivie

Si, en 2013, Perpignan se classait 138e ville française sur 150 selon le revenu par habitant, Saint-Jacques confirme une tendance lourde, avec un revenu médian mensuel de 177 euros. Avec toutes les précautions nécessaires en matière de comparaisons, les chiffres Unicef de 2012 sont troublants. En effet, le salaire moyen par habitant atteint l’équivalent de 165 euros en Bolivie, 189 euros en République du Congo et 219 euros au Maroc. Selon la définition de l’Insee, le salaire médian est différent du salaire moyen, qui est la moyenne des salaires d’une population. Il constitue le point d’équilibre à partir duquel la moitié des salariés gagne moins et l’autre moitié gagne plus.

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