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La Clau
Perpignan : le conservateur du musée des traditions populaires, mis en cause dans un vol
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Le conservateur du Musée des Arts et traditions populaires de Perpignan, la Casa Pairal, a été placé en garde à vue, le 29 novembre, au commissariat de la ville. Jacques Gaspard Deloncle, à quelques mois de la retraite, a avoué le vol d’objets religieux appartenant au patrimoine de la Ville, revendus chez un antiquaire installé rue Cité Bartissol, à proximité immédiate de la cathédrale Saint-Jean. La mise au jour d’une opération irrégulière a été rendue possible après l’identification dans la vitrine du revendeur, par un fonctionnaire municipal, d’une statue de la vierge prélevée dans la chapelle de la Soledat de l’Eglise de la Réal. Cette pièce, partie intégrante de la procession de la Sanch, symbolise un lien d’hispanité hautement considéré au titre de l’art spirituel. L’agent territorial a rapidement informé sa hiérarchie, qui n’a eu aucun mal à remonter jusqu’au conservateur du musée. Celui-ci a avoué le vol aux policiers, avant d’être relâché dans la soirée, tandis que la mairie de Perpignan portait plainte pour vol.

Une personnalité catholique et identitaire reconnue

Jacques Deloncle, animateur de la Flamme du Canigou propre aux festivités de Saint-Jean, figure de la catalanité culturelle et religieuse du Roussillon, est le fils de Joseph Deloncle, grand promoteur du patrimoine catalan et fondateur de la Casa Pairal en 1963, décédé en 1990. Il est aussi secrétaire général de l’Archiconfrérie de la Sanch, organisatrice de la procession pascale de Perpignan. Au delà de la faute pénale, cette faute morale, commise par l’un de ses défenseurs heurte le Roussillon. Cette affaire inédite questionne la gestion municipale d’œuvres inestimables, alors qu’un Centre de documentation des Français d’Algérie, inauguré en janvier 2012, a mobilisé plus de deux millions d’euros et une attention certaine.

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