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Le futur centre comercial Le Carré d’Or, en construction depuis le 4 août à la périphérie de Perpignan, suscite une mobilisation inédite. Le 20 août à 9h30, les commerçants du centre-ville manifesteront contre cette concurrence annoncée à l’Est, en ajout à celle de Porte d’Espagne et à la prochaine, envisagée à Pollestres, au Sud, ou encore à Claira-Rivesaltes, au Nord. La nouvelle zone, de 15 000 m2 pour 7 restaurants et 46 enseignes, dont Celio, Armand Thiery et La Cafetière, déjà présents au centre, est envisagée depuis 2007. En 2015, elle complétera la zone de Château Roussillon, équipé d’un hypermarché dès les années 1970. Le coeur historique de Perpignan, au stationnement ingrat, est ponctionné depuis par les périphéries, selon une tendance générale en France, accélérée dans les années 2000. Les manifestants protesteront plus généralement sur la stratégie globale supervisée par la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC). Après retouches, cette instance préfectorale valide généralement les projets, générateurs de problématiques de désertification du centre-ville de Perpignan.

200 nouveaux emplois, un argument politique

En représentation de 2500 emplois, les commerçants du centre, longtemps desservis par leurs divisions, veulent faire entendre leur voix. Ils observent que le Carré d’Or, conçu en 2007 pour recevoir des commerces liés au secteur de l’habitat et au cadre de vie, dérive vers des doublons d’enseignes d’habillement, présentes en coeur de ville. Mais en marge des concurrences, la création de 200 emplois constitue un argument massue, dans le département détenteur du record de France du taux de chômage. La participation active de la société de BTP Fondeville est un autre soutien aux salariés du territoire. Le Carré d’Or, développé par le groupe belge Codic, illustre une fatalité économique, malgré les réserves, contrastées, exprimées par le maire UMP, Jean-Marc Pujol, la conseillère d’opposition FN Clotilde Font, le député PS Jacques Cresta et le groupe de réflexion l’Olivier. En dehors du champ politique, l’Association des grandes et moyennes surfaces (AGMS) de vente au détail des Pyrénées-Orientales dénonçait en mai 2013 une « démultiplication inquiétante des mètres carrés commerciaux en périphérie ou à proximité de Perpignan ».

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