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Le film documentaire « Le Président », consacré à l’ancien président de la Région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, connaît un certain succès à Perpignan, mais plus modérément qu’en Languedoc. L’unique salle du Pays Catalan qui a fait le choix de projeter cette séquence de 95 minutes, le Cinéma Castillet, en centre-ville de Perpignan, affichait ce lundi un total de 600 entrées, depuis sa sortie, le 15 décembre. Le programmateur des cinémas Castillet et Mégacastillet, Jérôme Quaretti, nous confiait ce lundi matin « le bilan est excellent… ce film atteint le niveau des grosses productions américaines ». La difficulté de ce film, réalisé par Yves Jeuland, révélé en 2001 par la production d’un précédent documentaire consacré à l’élection de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris, repose autant sur le statut lettré que sur la réputation du personnage central. Mais le public attiré est « de tous les âges, de 16 ans jusqu’aux papis-mamies, en passant par la galaxie socialiste des Pyrénées-Orientales », selon M. Quaretti, et « on rit souvent dans la salle ».

Parmi les surprises qu’il contient, ce témoignage dévoile un bluff absolu du maître de Montpellier. Lors de 5 meetings émouvants, celui-ci invente de toute pièce la galère de son grand-père, qui a quitté la ferme familiale faute de ressources familiales, « pieds-nus, les sabots dans le dos », avant d’avouer, lors de sa victoire, que son aïeul était en réalité devenu « richissime » en gagnant 30.000 francs or dans la vente d’une colline qui lui appartenait. Dans ce document intime, Georges Frêche, suivi de janvier à mars dernier lors de sa dernière campagne électorale, montre sa duplicité, entre une intelligence rare et un étrange abandon de soi, présageant d’une fin de vie imminente. Préféré par 76.455 électeurs catalans au second tour des régionales, soit 49,3% des suffrages, dans une région qui l’a approuvé à 54,1%, le « Président » ressuscite pour quelques semaines, dans ce film, dont seulement 31 copies sont distribuées sur l’ensemble de la France. Le monstre politique, maire de Montpellier pendant 27 ans, de 1977 à 2004, fascinant pour ses partisans et nombre de ses opposants, n’aura cependant administré les Pyrénées-Orientales, à travers l’institution régionale, que 5 années et demi, de 2004 à 2010.

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