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Le processus inédit d’émancipation catalane, au coeur des élections qui renouvelleront l’assemblée parlementaire de Barcelone, le 25 novembre, est proscrit par un segment de l’intelligentsia espagnole. Dans un manifeste rendu public le 4 novembre, un collectif de 300 intellectuels refuse le « sécessionnisme croissant » sud-catalan et accuse la mouvance indépendantiste d’utiliser l’Espagne en « bouc émissaire » face à la crise. Ce document, signé par le réalisateur Pedro Almodóvar et l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, soutient une nouvelle Espagne, de gauche et fédéraliste, tout en reconnaissant le « profond sentiment national » catalan. Cette démarche, soutenue par des dirigeants politiques et économiques, principalement établis hors Catalogne, invite la coalition au pouvoir dans ce territoire, Convergence et Union, et les autres composantes de l’échiquier politique souverainiste, à « assumer leurs graves responsabilités dans la gestion erronée de la crise économique, et les abus qu’ils manifestent sous couvert de la présumée spoliation fiscale effectuée par l’Espagne ». Par prudence, il est précisé qu’une volonté indépendantiste « majoritaire », sanctionnée par les urnes, devrait être « prise en considération » par le « reste des Espagnols » et imposerait de « trouver une solution appropriée et respectueuse ».

Artur Mas : « La démocratie finit toujours par s’imposer »

Le président du gouvernement catalan, Artur Mas, principal artisan de la mise en forme du processus actuel, latent depuis plusieurs décennies, a réagi à cette publication, en déclarant « ni les tribunaux ni la Constitution » espagnole n’auront raison du mouvement engagé, car, selon, lui, « la démocratie finit par s’imposer ». Un référendum sur l’autodétermination de la Catalogne, vraisemblablement convoqué en 2014, devra produire un « majorité exceptionnelle », d’après M. Mas, conforté par plusieurs sondages. Le dernier, publié le 4 novembre par le quotidien barcelonais El Periódico, situe à 50,9 % la proportion de sud-Catalans favorables à l’inclusion d’un Etat catalan au sein de l’Union européenne. Dans l’hypothèse d’une non-inclusion, cette assentiment n’atteint que 40,1%, selon un autre sondage effectué par l’institut Gesop.

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