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En juin 2017, l’ancien évêque du diocèse de Perpignan-Elne de 1996 à 2002, Monseigneur André Fort, avait été mis en examen pour non-dénonciation de faits de pédophilie. Le prélat a protégé un prêtre, auteur d’attouchements sexuels sur onze enfants de 11 à 13 ans et un jeune adulte, lors d’un camp de vacances organisé dans le Béarn en 1993. Celui-ci, l’abbé Pierre de Castelet, lui-même été mis en examen en 2012. Monseigneur Fort, qui savait, a évité d’informer la justice.
Ce mardi 30 octobre a débuté à Orléans le procès visant cette affaire de pédophilie et de silence de l’Eglise. Vingt-cinq ans plus tard, trois victimes affrontent Pierre de Castelet, âgé de 69 ans, jugé pour « atteintes sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans par personne ayant autorité ». Pour sa part, André Fort, 83 ans, absent au procès, est signalé pour « ne pas [avoir informé] les autorités judiciaires ou administratives » des déviances de son subordonné, malgré le fait d’en être informé. L’ancien chef de l’Eglise des Pyrénées-Orientales affirme ignorer le caractère obligatoire de la dénonciation liée.

Payer pour l’exemple

Cette affaire rejoint le questionnement de l’Eglise, en Europe et dans le monde, quant à la tradition consistant à minimiser des faits ou à cacher les affaires, dans le cadre d’une culture du silence qui tend à transposer la culpabilité chez les victimes. Monseigneur Fort, membre de la hiérarchie de l’Eglise de France, fait partie de ceux qui ont participé à cette tradition de protection de l’institution, en marge de la loi civile. Il pourrait cependant payer pour l’exemple, sans nécessairement constituer un cas spécifique. Poursuivi pour « non-dénonciation de crime », il vit actuellement retiré dans un sanctuaire des Hautes-Alpes et encourt jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

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