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L’ancien président du Conseil général des Pyrénées-Orientales, actuel sénateur et président de la Région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, fait l’objet d’une plainte pour « délit de favoritisme », reçue le 10 décembre par le procureur de la République à Montpellier. Déjà concerné par une affaire au mode opératoire voisin, dont il conteste les deux mois de prison reçus en conséquence le 30 octobre, le successeur de Georges Frêche doit désormais répondre de l’attribution, au cours de cette année 2012, de deux marchés à la société de communication amie « Synthèse », celle-là même qui centre la première affaire. Cette nouvelle requête en justice émane, au nom de contribuables à titre privé, d’une association de contribuables et de deux autres entreprises de communication estimant avoir été injustement flouées. Elle pointe également la responsabilité présumée de la présidente de la commission d’appel d’offres régionale et le PDG de Synthèse, Pascal Provencel, pour « recel de délit de favoritisme ». Outre les montants engagés, la seule nuance est la nature des supports employés, car la vidéo a fait son apparition dans le dispositif incriminé.

Vivre en province évite des effets dévastateurs

Le nouveau marché porte sur un lot d’1 million d’euros annuels renouvelable sur une période de quatre ans, accompagné d’un volet sans tarification ni limitations. Le défenseur, Me Taoumi, certifie qu’une société de communication mieux-disante a été écartée par la Région Languedoc-Roussillon, dans ce qui constitue, selon lui, une « atteinte au principe de liberté d’accès et d’égalité des candidats ». La pratique dénoncée, évoquant un appel d’offres truqué reposant sur une consultation de façade, pour une conclusion connue dès le départ, place Christian Bourquin en difficulté. Mais le caractère secondaire des affaires provinciales françaises constitue une protection dans cette double-affaire, une situation comparable au sommet de l’Etat provoquant immanquablement des effets dévastateurs pour les acteurs concernés. De la sorte, Pascal Provencel affirmait dès le 10 décembre au soir qu’il ne « prenait pas cette plainte au sérieux ».

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